Les vaccins actuels contre le COVID-19 offrent une protection solide contre les variants identifiés à ce jour. Comment cela fonctionne-t-il ? Et les futures mutations pourraient-elles les contourner ?
Les virus mutent en permanence en raison d'erreurs lors de la copie de leur matériel génétique. Certaines mutations sont neutres, d'autres affaiblissent le virus, ou le rendent moins pathogène. Les plus préoccupantes augmentent sa contagiosité ou lui permettent d'échapper au système immunitaire, que ce soit après une infection naturelle ou une vaccination.
Le SARS-CoV-2, responsable du COVID-19, suit le même schéma. Chaque réplication peut générer un variant plus virulent, n'importe où et n'importe quand. Il est crucial de surveiller leur transmissibilité accrue, leur gravité, leur détection par les tests et leur sensibilité aux traitements. Les infections breakthrough chez les vaccinés inquiètent particulièrement.
Les variants sont classés comme intéressants, préoccupants (VOC) ou à fort impact (VOI). Aucune n'a encore rendu les mesures médicales inefficaces, mais quatre suscitent des craintes : B.1.1.7 (Royaume-Uni), B.1.351 (Afrique du Sud), P.1 (Brésil) et B.1.617.2 (Inde).
Ces variants montrent une transmissibilité accrue, expliquée moléculairement par des modifications de la protéine Spike, qui se lie au récepteur ACE2 des cellules humaines. Des études en laboratoire confirment une affinité renforcée pour ACE2.
Certaines recherches indiquent une neutralisation réduite par les anticorps contre la Spike originale. Pourtant, les données réelles démontrent une efficacité vaccinale préservée contre l'infection.

Une étude qatarie prometteuse révèle que le vaccin Pfizer/BioNTech est efficace à 90 % contre B.1.1.7 et 75 % contre B.1.351. AstraZeneca atteint 75 % contre B.1.1.7.
Public Health England rapporte une excellente efficacité contre B.1.617.2 : 88 % pour Pfizer/BioNTech et 60 % pour AstraZeneca, cette différence pouvant s'expliquer par un délai dans la deuxième dose d'AstraZeneca. B.1.617.2 pourrait devenir dominant mondialement.
Ces données concernent le risque d'infection. Mais l'enjeu prioritaire est la prévention des formes graves et des décès. Les vaccins excellent dans ce domaine contre les VOC, grâce à une réponse anticorps massive. Même si leur qualité diminue, leur quantité compense, comme un adhésif plus abondant qui colle mieux.
Si les anticorps faiblissent, les lymphocytes T interviennent : ils ciblent environ 1 400 épitopes viraux, aidant les lymphocytes B ou tuant les cellules infectées. Leur échec face aux variants est improbable, renforçant la confiance en la vaccination.
Les chercheurs évaluent le seuil anticorps protecteur et préparent des rappels avec Spike ou ARNm de variants. Des vaccins pancoronavirus ou combinés grippe/COVID (Novavax) sont en test.
Le risque de nouveaux variants persiste. Priorité : vacciner les pays vulnérables pour limiter les mutations dangereuses, administrer les deux doses (et rappels pour J&J), et préparer des boosters massifs.
En résumé : surveiller, vacciner universellement, et anticiper les rappels.
Cet article a déjà été publié dans The Conversation.
[]