D’abord la bonne nouvelle : à la question « Seriez-vous vacciné contre le COVID-19 dès que le vaccin arrivera sur le marché ? », 91 % des médecins interrogés ont répondu par l’affirmative. Une enquête menée par Artsenkrant en septembre révélait qu’un médecin généraliste sur trois n’avait pas l’intention de se faire vacciner. « Nous ne connaissons pas la raison des neuf pour cent qui ne veulent pas se faire vacciner », explique Ben De Brucker (VUB), président de Medical World, association organisant des formations pour médecins et personnel soignant. « Il peut s’agir de médecins enceintes, ayant récemment contracté le COVID-19 ou présentant une allergie. » Selon De Brucker, la volonté de vaccination a augmenté grâce aux avancées sur le développement et l’efficacité des vaccins.
97 % des médecins indiquent qu’ils conseilleront à leurs patients de se vacciner. Les raisons des 3 % restantes n’ont pas été précisées dans le sondage. « C’est probablement un manque de confiance, mais ce groupe reste très minoritaire », note De Brucker.
Remarquable : à la question « Savez-vous comment fonctionnent les différents vaccins COVID-19 ? », seuls 53 % ont répondu positivement. « Environ la moitié des médecins admettent ne pas savoir comment fonctionnent ces vaccins », souligne De Brucker. « C’est alarmant, car ils doivent les administrer et les expliquer à leurs patients. »
Les répondants incluent spécialistes et généralistes. « Pour certains spécialistes comme chirurgiens ou gynécologues, c’est compréhensible. Mais infectiologues et pneumologues devraient maîtriser le sujet », précise De Brucker. Parmi les généralistes, un sur quatre ignore l’efficacité des vaccins, en partie due à la nouveauté des vaccins à ARNm. « Une formation urgente s’impose », insiste-t-il.
Des initiatives sont en cours, selon le vaccinologue Pierre Van Damme (UAntwerp). « Depuis mi-décembre, nous formons généralistes et médecins d’EHPAD via webinaires : 3 000 pharmaciens et 3 500 généralistes déjà formés. Un nouveau webinaire est prévu fin janvier pour 1 000 participants. Domus Medica et groupes locaux s’impliquent aussi. » Van Damme rappelle que la formation médicale générale accorde peu de place aux vaccins, expliquant cette lacune.
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