Depuis un an et demi, le public flamand s'est grandement sensibilisé à la virologie. Les virus, y compris le SARS-CoV-2, évoluent constamment. Ils peuvent devenir plus contagieux, causer des formes plus graves de la maladie ou, au contraire, s'atténuer progressivement. Mais peut-on anticiper la trajectoire du coronavirus ?
Sur les réseaux sociaux, des « experts » autoproclamés multiplient les affirmations catégoriques. Selon Edward Holmes, spécialiste de l'évolution virale à l'Université de Sydney, prédire l'évolution du virus reste extrêmement complexe. Initialement, on espérait une diminution de la gravité et de la contagiosité au fil du temps. La réalité s'est révélée plus nuancée, avec des variants comme Delta, bien plus contagieux et virulent. Aperçu de la situation actuelle et des perspectives futures.
Comment émergent les variants ?
Les variants surgissent par hasard. Le virus se réplique dans nos cellules pour se propager, copiant son ARN. Des erreurs de copie peuvent alors survenir, modifiant ses propriétés et conférant un avantage sélectif à la souche mutante, qui peut alors supplanter l'originale.
La plupart des mutations n'offrent aucun avantage. Prédire celles qui domineront est ardu, surtout pour les protéines virales dont la fonction reste méconnue.
Les variants actuels
Les premiers signaux d'alarme ont sonné avec les variants Alpha et Beta. Alpha était 50 % plus contagieux que la souche originelle, tandis que Beta échappait partiellement à l'immunité acquise.
Delta a suivi, 40 à 60 % plus contagieux qu'Alpha. Si différente de l'original, elle a accéléré les campagnes vaccinales et réintroduit les masques dans plusieurs pays. Même vaccinés, on peut transmettre Delta, quoique moins efficacement, rendant l'immunité collective plus lointaine.
Évolutions futures
Le hasard domine, mais les biologistes évolutionnistes s'appuient sur d'autres virus pour formuler des hypothèses :
1. Contagiosité
Le coronavirus est déjà 3 fois plus contagieux qu'à l'origine. La plupart des virus anciens ont stabilisé leur contagiosité. Un plateau est probable, bien que la rougeole reste 3 fois plus contagieuse que Delta, laissant une marge d'évolution.
2. Virulence
Les virus tendent à atténuer leur pathogénicité pour favoriser la transmission. Cependant, la grippe espagnole s'est aggravée en 1918. Delta double les hospitalisations. Le virus se propage tôt, avant les symptômes graves, limitant l'impact d'une virulence accrue.
3. Évasion immunitaire
C'est la principale crainte. Beta évitait mieux les anticorps mais n'a pas dominé. Delta infecte partiellement les vaccinés, mais l'immunité résiste globalement.
Et maintenant ?
Impossible de prédire précisément, mais des facteurs clés émergent :
Les variants naissent au hasard, rendant les prédictions hasardeuses. Une surveillance accrue cible les échappées immunitaires. Atteindre une haute couverture vaccinale mondiale et minimiser la circulation virale est crucial pour limiter les nouvelles menaces.
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