Les personnes âgées en bonne santé mentale adoptent souvent des décisions irrationnelles, avec des conséquences financières graves.

Les seniors de plus de 65 ans prennent plus fréquemment des décisions irrationnelles que les jeunes adultes, entraînant parfois de lourdes pertes financières. C'est le constat d'une étude menée par des chercheurs australiens de l'Université de Sydney.
Si les adolescents sont connus pour leurs comportements à risque et leur immaturité décisionnelle, les personnes âgées ne sont pas en reste. Elles dépendent souvent de l'avis de leurs enfants pour les questions financières, mais courent un risque accru de payer des intérêts excessifs sur un prêt, de sous-évaluer leur bien immobilier ou de souscrire une assurance surévaluée.
Cette tendance touche aussi bien les seniors en déclin mental ou physique que ceux en pleine forme. L'étude a impliqué 135 participants sains, âgés de 12 à 90 ans, confrontés à 320 scénarios de choix financiers : gains potentiels ou pertes, entre une somme certaine (ex. : 5 dollars) et une loterie variable en gains et probabilités.
Les plus de 65 ans ont perdu davantage en raison de choix irrationnels ou incohérents, empochant près de 40 % de moins que les 21-64 ans. Même face à des options évidentes (perte certaine de 5 euros vs loterie à risque équivalent), un quart des seniors a erré. Ils ont raté 46 % des gains potentiels, contre moins de 10 % pour les jeunes adultes et 19 % pour les adolescents. Ils affichaient aussi plus d'incohérences et prenaient davantage de risques en cas de pertes potentielles.
Les chercheurs soulignent que les seniors ne sont pas toujours prudents : prudents pour les gains, mais audacieux pour les pertes. Une explication possible réside dans le déclin des compétences mathématiques, observable dès 65-74 ans. Publiée dans PNAS en 2020, cette recherche éclaire les mécanismes du vieillissement cognitif en finance.
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