Jusqu'où les mémoires orales peuvent-elles remonter dans le temps ? Bien au-delà des 500 à 800 ans généralement admis par les scientifiques, selon une étude récente menée par des géographes et linguistes australiens.

Les traditions orales des Aborigènes d'Australie relatent des inondations côtières survenues il y a plus de 7 000 ans. Ces récits, analysés sur 21 sites le long des côtes australiennes, décrivent une époque où le niveau de la mer était nettement plus bas qu'aujourd'hui. Or, le littoral actuel ne date que d'environ 7 000 ans, confirmant l'ancienneté de ces histoires.
Il n'est pas surprenant que ces événements aient été transmis de génération en génération : les inondations, consécutives au réchauffement post-glaciaire, ont submergé plus de 20 % des zones côtières, transformant radicalement la vie des populations. Dans un tel contexte, partager ces savoirs était vital pour la survie.
Plus tôt cette année, une autre étude a relié des traditions autochtones à des impacts de météorites, comme celui de Henbury (Territoire du Nord), daté d'environ 4 700 ans. Les détails précis suggèrent un témoignage oculaire direct, transmis sur 200 générations. Ces découvertes soulignent le potentiel des traditions orales comme source d'informations fiables sur l'histoire naturelle, affirment les chercheurs. (aa)
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