Pour conserver des souvenirs durables dans notre cerveau, il est crucial de supprimer certains gènes.

La mémorisation à long terme repose sur la suppression sélective de gènes dans le cerveau.
Des chercheurs sud-coréens de l’Université nationale de Séoul, dirigés par Jun Cho, ont étudié la formation des souvenirs chez des souris. Ils ont soumis un groupe d’animaux à des chocs électriques répétés dans un contexte identique, induisant une peur conditionnée associée à cet environnement. Les souris ont ainsi formé un souvenir durable.
Trente minutes après l’entraînement, l’analyse de l’hippocampe – région clé du cerveau pour les nouveaux souvenirs – a révélé la suppression de plus d’une centaine de gènes chez les souris entraînées, contrairement au groupe témoin. Près de la moitié de ces gènes étaient régulés par le récepteur alpha des œstrogènes (ESR1). Une inhibition artificielle d’ESR1 a perturbé la formation des souvenirs, confirmant le rôle pivotal de cette suppression génique.
Ces résultats, publiés dans Science en 2020, soulignent l’importance de la régulation épigénétique dans la mémoire à long terme.
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