Le cerveau peut apprendre à généraliser la peur à des stimuli similaires.

Un stimulus neutre est perçu différemment dans le cerveau d’un singe après avoir associé ce stimulus à un élément effrayant. Des scientifiques de l’Institut Weizmann en Israël rapportent ces résultats dans Nature Neuroscience (2020).
La généralisation de l’anxiété est un trait caractéristique des troubles anxieux, mais son mécanisme cérébral restait méconnu jusqu’à présent. Rony Paz et son équipe ont éclairci ce processus. Ils ont conditionné des primates à associer une odeur nauséabonde à un ton spécifique, induisant ainsi une aversion pour ce son. Après l’entraînement, les animaux réagissaient avec anxiété à des tonalités similaires, bien que différentes.
Grâce à l’imagerie cérébrale, Paz a observé des changements dans le réglage des neurones de l’amygdale, région clé des troubles anxieux. Certains neurones se sont recentrés sur le stimulus craint, rétrécissant leur champ de réponse ; d’autres l’ont élargi, incluant des stimuli éloignés. Ces mécanismes expliquent en partie la sur-généralisation de la peur (lg).
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