De nombreuses options nous offrent une grande liberté, mais elles augmentent aussi le risque de mauvais choix, de regrets et d'inquiétudes. Cela peut mener à la dépression.
Plus que jamais, nous avons une multitude d'options pour tracer notre chemin de vie. Par exemple : « Quelle formation choisir ? », « Commencer à travailler tout de suite ou partir en grand voyage d'abord ? », « Changer de job si je ne l'aime plus ? », « Quels loisirs pratiquer ? », « Où vivre ? ». Au quotidien, les choix sont constants : vélo ou voiture ? Sandwich ou soupe ? Lancer la machine à laver maintenant ou ce soir ? Des apps comme Tinder (rencontres), LinkedIn (emploi), Deliveroo (repas), Netflix (séries) ou Spotify (musique) multiplient les possibilités.
Cette abondance de choix favorise notre développement personnel et notre identité. Mais elle génère aussi un stress du choix. Dans les pays prospères, où les options abondent, les taux de dépression sont plus élevés que dans les pays plus pauvres.
Les recherches montrent que le regret joue un rôle clé. C'est une émotion négative où l'on se blame soi-même : « Si seulement j'avais voyagé », « J'aurais dû choisir une autre étude », « J'aurais pris une meilleure soupe ».
La conviction qu'un autre choix aurait été meilleur, ou qu'une opportunité a été manquée, génère du regret, surtout si un objectif personnel n'est pas atteint.
Le regret peut aider à mieux choisir à l'avenir, mais il s'accompagne souvent d'une rumination excessive.
Ceux qui ruminent souvent courent un risque accru de dépression ou de trouble anxieux.
Les ruminants analysent de manière autocritique leurs émotions et problèmes sans trouver de solutions concrètes. Exemples : « Pourquoi ne suis-je pas heureux au travail ? » ou « Pourquoi réagis-je toujours ainsi ? ».
Regret et rumination sont liés théoriquement. Notre étude est la première à le tester expérimentalement en exposant des participants à des occasions manquées et échecs d'objectifs.
Comprendre pourquoi le regret mène à la rumination chez certains permet des thérapies ciblées pour réduire ce risque, prévenant dépression et anxiété.
Nous avons étudié des sujets sains via une tâche informatique : des choix répétés avec un « meilleur » option manquée, menant à zéro gain final, simulant regrets et échecs.
Le regret n'est pas anodin : il peut enclencher un cercle vicieux de pensées dépressives.
Les plus ruminants ressentent plus de regrets pendant et après la tâche, indépendamment de leurs choix, alimentant leur anxiété.
Les personnes anxieuses risquent plus de ruminer après regrets, occasions manquées ou échecs : « Si j'avais choisi une autre école pour mon enfant... ».
Nos résultats : les anxieux doivent être vigilants face aux choix. Le regret peut les piéger dans une spirale autocritique. Conseil : acceptez les faits, tirez les leçons pour l'avenir, agissez si insatisfait plutôt que ruminer.
Pour mieux cerner le lien entre stress du choix, regret et dépression, l'Université de Gand lance une grande enquête par questionnaire. 18 ans ou plus, 45 minutes disponibles ? Participez, interrompez/reprenez à tout moment, et tentez de gagner 50 € !