FRFAM.COM >> Science >> Santé

Analgésiques opioïdes : 5 questions-réponses essentielles sur leurs risques et usages

L'usage des analgésiques opioïdes connaît une hausse préoccupante. Leur utilisation prolongée comporte un risque d'accoutumance important. Peut-on encore les prescrire en toute sécurité ?

Que sont les opioïdes ?

Les opioïdes sont des analgésiques dérivés de l'opium ou des équivalents synthétiques. Parmi les plus courants : codéine, morphine, oxycodone, tramadol et fentanyl. Ils se présentent sous forme de comprimés, patchs, sprays nasaux, pastilles buccales ou injections. Commercialisés sous des noms comme Contramal, Oxynorm ou Durogesic, ils ne s'obtiennent que sur ordonnance médicale.

Dans quelle mesure ces analgésiques créent-ils une dépendance ?

Pour une utilisation très courte (quelques jours), le risque d'accoutumance est normalement nul. Une dépendance physique peut survenir après 4 à 6 semaines. Le corps développe une tolérance, nécessitant des doses croissantes pour le même effet. L'arrêt brusque provoque des symptômes de sevrage : vomissements, diarrhée. La dépendance physique s'accompagne souvent d'une dépendance psychologique, avec une consommation accrue par peur de la douleur ou pour atténuer stress et émotions négatives.

Les experts divergent sur le risque exact : les études indiquent un taux de dépendance entre 3 et 8 % chez les utilisateurs.

Quel est le danger des analgésiques opioïdes ?

Le surdosage est un risque majeur, potentiellement mortel. En 2017, 111 personnes sont décédées aux Pays-Bas d'une surdose d'opioïdes. Aucune donnée officielle n'existe pour la Belgique.

Les opioïdes se lient aux récepteurs opioïdes dans le cerveau, la moelle épinière et les intestins, bloquant la douleur mais causant aussi constipation et ralentissement respiratoire. En surdose, la respiration s'arrête, menant au coma et à la mort. Respectez scrupuleusement l'ordonnance médicale.

Pouvons-nous toujours les utiliser ?

Oui, prioritairement pour les douleurs aiguës ou terminales intenses (cancer, infarctus, fracture). Pour les douleurs chroniques non curables, privilégiez d'abord des alternatives : adaptation du mode de vie (exercice, sommeil), physiothérapie, psychothérapie (stratégies de coping, relaxation) ou éducation sur les mécanismes de la douleur.

Si ces approches échouent, un recours combiné aux opioïdes peut être envisagé sous contrôle médical. Cela soulage certains patients souffrant de douleurs chroniques sévères, bien que l'effet analgésique soit prouvé scientifiquement seulement à court terme. Attention toutefois au risque d'hyperalgésie induite par les opioïdes.

Existe-t-il des médicaments alternatifs aussi efficaces contre la douleur ?

Le paracétamol est courant mais moins puissant, avec un risque hépatique en cas de surdosage. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont efficaces sans dépendance, mais agressifs pour l'estomac en usage prolongé (ulcères, saignements).

Des options émergentes incluent la kétamine, certains antidépresseurs, antiépileptiques ou stimulation cérébrale. Le cannabis médical gagne du terrain, mais manque de preuves solides. Des recherches visent des opioïdes « ciblés » agissant uniquement sur la douleur physique, sans effet psychotrope.

Lire aussi : « J'ai marché comme un zombie » : Non seulement aux États-Unis, mais aussi en Belgique et aux Pays-Bas, des milliers deviennent dépendants de ces puissants analgésiques. Les surdoses causent des décès annuels. « J'ai traversé l'enfer pour m'en débarrasser », témoigne Sofie.


[]