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Neurostimulation : 5 questions essentielles pour tout comprendre

Les nouvelles techniques de neurostimulation n'exigent plus de chirurgie invasive. « Il n'y a pas d'effets secondaires notables et vous pouvez rentrer chez vous à vélo le jour même », explique le neuropsychiatre Filip Vandenbroeck, expert au sein du Brai2n Group à Saint-Vincentius, Anvers.

Neurostimulation : 5 questions essentielles pour tout comprendre

1. Qu'est-ce que la neurostimulation ?

Le choc électrique thérapeutique est utilisé en psychiatrie depuis longtemps pour « réinitialiser » le cerveau. La stimulation cérébrale profonde (DBS) cible des régions spécifiques via des électrodes implantées. Deux techniques moins invasives, la tDCS (stimulation transcrânienne à courant direct) et la rTMS (stimulation magnétique transcrânienne répétitive), stimulent le cerveau à travers le crâne sans incision.

2. Quels sont les avantages ?

Les avancées en neurosciences permettent de mieux identifier les zones cérébrales défaillantes dans divers troubles. La neurostimulation devient ainsi plus précise et ciblée. Elle offre une alternative efficace quand les médicaments ou la psychothérapie échouent. Les méthodes superficielles (tDCS et rTMS) sont indolores et sans effets secondaires significatifs.

Oubliez les images effrayantes de films comme Vol au-dessus d'un nid de coucou : les électrochocs modernes sont administrés sous anesthésie générale.

3. À quoi sert la neurostimulation ?

Les électrochocs complets traitent efficacement les dépressions sévères. La DBS est indiquée pour les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), tremblements, épilepsie, dystonie et maladie de Parkinson. La neurostimulation superficielle (rTMS et tDCS) soulage dépression, migraines, troubles anxieux, fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique (SFC) et acouphènes. Des études en cours explorent son potentiel pour TOC, Alzheimer, Parkinson, schizophrénie, addictions, aphasie, ainsi que l'amélioration de la mémoire de travail et de la concentration.

4. Quels sont les risques ?

Les électrochocs peuvent causer une amnésie temporaire. La DBS comporte les risques chirurgicaux habituels, avec possibles changements comportementaux ou mnésiques, mais ajustables ou réversibles. Pour rTMS et tDCS, les effets secondaires sont rares et mineurs (maux de tête, nausées, vertiges). La rTMS présente un faible risque de crise épileptique chez les patients prédisposés.

5. Manipuler le cerveau peut-il altérer la personnalité ?

Filip Vandenbroeck : « En théorie, oui, mais des dizaines de milliers de patients traités ces dernières années n'ont rapporté aucun effet de ce type. Notre personnalité semble résistante à l'électrostimulation. Dans certains cas, comme les TOC, une thérapie efficace (telle que la DBS) peut transformer radicalement la vie des patients, donnant l'impression d'un changement de personnalité. »

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