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Burn-out : 6 questions-réponses essentielles avec Steffie Desart, psychologue à la KU Leuven

La psychologue Steffie Desart (KU Leuven) explique comment reconnaître un burn-out et le gérer efficacement.

Comment reconnaître un burn-out ?

Le burn-out n'est pas une maladie, mais un syndrome : un ensemble de symptômes qui apparaissent souvent ensemble. La fatigue intense est généralement le symptôme le plus marqué. « Vous vous traînez toute la journée. Vous rentrez du travail et vous avez vraiment besoin de vous reposer », explique Steffie Desart. Trois autres caractéristiques clés sont la distanciation mentale – souvent exprimée par des pensées cyniques sur le travail – et les perturbations émotionnelles et cognitives. « Vous vous mettez soudain à crier au travail à cause d'un commentaire d'un collègue qui ne vous aurait pas ébranlé auparavant », ajoute-t-elle. Les troubles cognitifs incluent des difficultés de concentration et de mémoire : vous ne parvenez plus à lire un livre ou à vous rappeler comment vous êtes arrivé au travail en voiture.

En plus de ces symptômes psychologiques, des problèmes physiques peuvent survenir, comme des palpitations cardiaques, des maux de tête, des douleurs musculaires, des insomnies et des troubles gastro-intestinaux.

Quelle est la différence entre burn-out et dépression ?

La dépression se caractérise par une morosité générale, tandis que le burn-out est principalement lié au travail. « Une personne en burn-out peut encore profiter des petites joies de la vie », précise Steffie Desart. « Et c'est normal. Les patients font souvent face à des préjugés : 'Si vous pouvez faire du vélo, vous pouvez travailler, non ?' Ce n'est pas le cas. Une telle balade peut même favoriser la récupération. »

Le burn-out diffère aussi de la simple fatigue : il ne survient pas brutalement, mais passe par des étapes, du stress à l'épuisement, jusqu'au syndrome complet si rien n'est fait.

Combien de temps dure la récupération ?

Prévoyez quelques mois à un an avant une reprise du travail.

Comment guérir d'un burn-out ?

Rester chez soi à se reposer ne suffit pas : un traitement actif est essentiel. Les soins personnels sont centraux, avec psychothérapie, pleine conscience et orientation professionnelle pour identifier les signaux de stress, apprendre à dire non et redéfinir vos priorités. Un mode de vie sain – exercice et alimentation équilibrée – renforce la résilience. « Vous apprenez à connaître vos limites et à ne plus les dépasser », explique Desart. « Les personnes guéries semblent parfois moins performantes qu'avant, mais c'est souvent parce qu'elles en faisaient trop auparavant. »

La cause du burn-out est-elle chez le salarié ou l'employeur ?

Les deux jouent un rôle. Le travail est un facteur clé : trop de pression et un déséquilibre énergétique (plus dépensé que récupéré) mènent au burn-out. Des traits comme le perfectionnisme ou l'incapacité à dire non augmentent les risques, tout comme un manque de soutien familial ou la charge de jeunes enfants/parents malades. « Mais n'importe qui peut être touché : il n'existe pas de profil type à risque », conclut Desart.

Que faire si un collègue risque le burn-out ?

Entamez le dialogue, en tant que collègue ou manager. « C'est difficile, mais c'est un cadeau : signalez que vous avez remarqué un mal-être et proposez écoute et soutien », conseille Desart. Après un burn-out, ces échanges favorisent une réintégration positive.

Envie d'en savoir plus ? Écoutez notre podcast où Liesbeth Gijsel, rédactrice en chef d'Eos Psyche&Brain, interviewe Steffie Desart.

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