La grâce reste-t-elle une source de pouvoir pertinente à notre époque ? Découvrez les résultats de l'étude récente « Parlons de Grâce » dans cet article.
De nombreux concepts ancestraux issus des religions et de la littérature de sagesse se révèlent être des prédicteurs clés de la santé physique et mentale. La psychologie positive, qui étudie les facteurs favorisant le bien-être et la résilience, a accumulé des preuves empiriques solides liant des vertus comme la gratitude, le pardon, l'humilité et la générosité au bien-être global.
Nous nous sommes interrogés : cette dynamique s'applique-t-elle aussi à l'expérience de donner et recevoir la grâce ? Mais la grâce est-elle encore un terme moderne ? Pour le découvrir, nous avons lancé un questionnaire en ligne ouvert à tous les majeurs de plus de 18 ans. Résultat : 523 définitions riches et variées, bien au-delà de nos espérances.
Un grand merci à tous les participants de l'étude « Parlons de Grâce » pour leur temps et leurs témoignages personnels.
Objectif de l'étude
Cette recherche visait à élaborer une définition ascendante de la grâce, telle que vécue et décrite par les participants dans un contexte sécularisé comme la Flandre. Ces données serviront ultérieurement à explorer les liens entre grâce et bien-être physique ou psychologique.
Analyses
Face à cet abondant matériau qualitatif, nous avons utilisé NVivo 12, logiciel dédié à l'analyse de données qualitatives. Nous y avons importé les définitions pour identifier les mots les plus fréquents et catégoriser les réponses. Au total, 2 635 mots uniques ont été recensés. Les dix plus cités : pardon (116), Dieu (106), vie (75), amour (72), don (63), recevoir (53), force (44), non acquise (44), et d'autres variantes comme don (42).
Aucun mot n'était partagé par tous, soulignant la complexité multidimensionnelle de la grâce, avec ses multiples facettes et couches de sens.
Pour synthétiser, nous avons retenu les mots mentionnés au moins trois fois (626 au total), puis regroupés en 10 clusters, résumés en 6 catégories illustrées ci-dessous.

Un codage itératif a affiné ces catégories en trois groupes clés : (a) l'expérience psychologique de la grâce (comment), (b) le contexte d'expérience (où) et (c) les caractéristiques typiques (quoi).



Entre croyants et non-croyants, les catégories se recoupent largement. Les religieux évoquent plus souvent le transcendant et les émotions positives ; les non-croyants insistent sur les erreurs et le pardon.
En résumé, la grâce est un concept riche et nuancé, bien vivant malgré son ancienneté. Témoignages contradictoires : rare et quotidienne, personnelle ou impersonnelle, statique ou dynamique... Elle oscille entre coïncidence heureuse et force profonde, gratitude induite ou atmosphère bienveillante. Expérience subjective, elle peut être perçue comme généreuse ou condescendante, positive (acceptation, compassion) ou chargée de culpabilité.
Prochaines étapes : explorer ses liens avec gratitude, contentement et bonheur.
Clairement, la grâce est ancienne et vibrante !

Rédigé par Tine Schellekens, doctorante à la KU Leuven et psychothérapeute psychodynamique (enfants). Parution aussi sur opgrownblog.wordpress.com.
Références
Schellekens, T., Dillen, A., Dewitte, L. & Dezutter, J. (2020). Une définition laïque de la grâce : analyse quantitative et qualitative de contenu. International Journal of Psychology of Religion, 1-23.
Pour rester informé :
dezutterjessie.wixsite.com/meaninginlatelife
ppw.kuleuven.be/signification-et-existence
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