FRFAM.COM >> Science >> Santé

Matin ou soir : qu'est-ce qui détermine votre chronotype ?

L'une se rend au gymnase à 7 heures du matin, tandis que l'autre préfère travailler tard dans la nuit. Quelles sont les raisons de ces différences ?

Les personnes du matin se lèvent et se couchent plus tôt. Elles sont plus actives en début de journée. À l'inverse, les personnes du soir privilégient l'exercice, les études ou le travail en fin de journée. Outre ces deux types principaux, il existe des chronotypes « extrêmes » du matin ou du soir, ainsi que des profils intermédiaires sans préférence marquée. Environ 60 % de la population appartient à ce type intermédiaire.

Votre chronotype dépend principalement de votre rythme circadien, un cycle biologique quotidien régi par des gènes qui s'expriment à des moments précis. Ces gènes contrôlent la production de protéines, d'hormones comme la mélatonine et d'autres messagers biologiques.

Chez les personnes du soir, ce rythme est décalé : la production de mélatonine, hormone du sommeil, survient plus tard, les rendant somnolentes en soirée avancée.

L'environnement joue aussi un rôle clé : lumière solaire, activité physique, alimentation et exposition sonore influencent le rythme circadien. S'exposer au soleil le matin ou faire du sport tôt favorise un coucher précoce. La consommation de caféine ou de sucre accroît l'éveil.

L'âge et le sexe interviennent également. Les adolescents et jeunes adultes, ainsi que les hommes, tendent vers le soir. Les jeunes enfants sont souvent des lève-tôt.

Ne programmez pas les examens à 9h00

Les musiciens, artistes, et personnes souffrant de dépression ou troubles mentaux sont plus souvent des noctambules, sans explication définitive. Le rythme circadien peut influencer l'humeur : les personnes du soir sont plus anxieuses et autocritiques.

Le « décalage horaire social » affecte souvent les personnes du soir, dont les horaires scolaires ou professionnels contredisent leur rythme naturel. Elles dorment moins et se sentent moins bien, bien que le lien avec la dépression reste à confirmer scientifiquement. Elles compensent souvent le week-end.

La science n'a pas encore quantifié les effets nocifs du décalage horaire social, mais les experts recommandent plus d'attention aux noctambules. Par exemple, éviter les examens à 9h permettrait aux adolescents de mieux respecter leur biologie.

Niki Antypa est professeure adjointe à l'université de Leiden et psychologue. Elle étudie le lien entre rythme circadien, dépression et suicide, et siège au conseil d'administration du consortium BioClock. La journaliste scientifique Anouk Bercht a recueilli ses réponses.

Dans cette rubrique, un scientifique répond à une question de l'agenda scientifique flamand.
www.vraagvoordescience.be


[]