Le domaine de la santé mentale a beaucoup évolué pour combattre la stigmatisation des troubles mentaux, notamment la dépression. De gros progrès ont été réalisés dans la compréhension sociétale de ces questions. Mais pour apprécier pleinement ce chemin parcouru, il est essentiel de retracer l'histoire de la dépression.
La dépression n'est pas un phénomène récent. Elle existe depuis des millénaires, documentée dans de nombreuses cultures anciennes comme celles des Égyptiens, Grecs, Babyloniens, Romains et Chinois. Cependant, ces civilisations ignoraient le concept de trouble de l'humeur ou de santé mentale, attribuant la maladie à des causes variées et proposant des traitements inadaptés.
La dépression dans l'Antiquité
En Grèce et à Rome antiques, la dépression était appelée « mélancolie ». Hippocrate, père de la médecine, la liait à un déséquilibre des quatre humeurs corporelles : flegme, bile jaune, bile noire et sang. Un excès de bile noire provoquait la mélancolie, traitée par saignées, purges et médicaments. Bien que cette théorie semble archaïque aujourd'hui, Hippocrate reliait déjà les symptômes à des dysfonctionnements cérébraux.
Certaines figures grecques, comme Aristote, associaient folie et génie : « Aucun grand esprit n'a jamais existé sans une touche de folie. » Ils voyaient Platon et Socrate comme mélancoliques, expliquant leur brillance. La « folie inspirée » évoquait des états maniaques proches du trouble bipolaire actuel.
La dépression au Moyen Âge
Contrairement à l'idée répandue de possession démoniaque, des études sur 57 récits médiévaux montrent que seuls 16 % invoquaient des causes surnaturelles, souvent pour des motifs religieux. Les traitements restaient humorals : laxatifs, saignées. Des punitions physiques ou enfermements existaient pour les troubles publics, mais une certaine compassion prévalait.
Les Médiévaux reconnaissaient des causes naturelles comme le surmenage ou l'alcoolisme. En Angleterre au XIIIe siècle, des évaluations d'état mental protégeaient les patients, confiés à des tuteurs cléricaux pratiquant l'« imposition des mains », approche aux bénéfices prouvés aujourd'hui contre dépression et stress.
La dépression à la Renaissance
Influencée par les humeurs et la folie divine, la Renaissance vit émerger des recherches naturalistes. En 1621, The Anatomy of Melancholy de Robert Burton préconisait exercice, voyages, diète, herbes et musicothérapie – des remèdes modernes.
La dépression au siècle des Lumières
Les idées évoluèrent vers une compréhension plus actuelle. Certains liaient la dépression à une colère refoulée, validée par le DSM listant l'irritabilité comme symptôme. D'autres prescrivaient travail physique ou traitements extrêmes comme le « tabouret rotatif » ou l'électrothérapie naissante de Benjamin Franklin. Philippe Pinel réforma les asiles, classifiant les troubles.
La dépression à l'époque victorienne
La psychologie cognitive émergea, le terme « dépression » apparut. Blâmée sur la modernité, elle se traitait par sanatoriums (air frais, exercice). Des toniques commerciaux proliférèrent. Emil Kraepelin et Adolf Meyer affinèrent diagnostics et traitements médicaux.
La dépression aujourd'hui
Grâce aux neurosciences, nous comprenons les facteurs biologiques, génétiques et les sous-types dépressifs. Le DSM (depuis 1952) et la CIM-10 standardisent diagnostics. L'imipramine (1956) inaugura les antidépresseurs ; TCC, thérapies combinées et hygiène de vie complètent les approches.
Vous pouvez demander de l'aide
La dépression est traitable. Consultez un thérapeute ou un professionnel en ligne. Les avancées modernes rendent la souffrance évitable, malgré une stigmatisation persistante et une prévalence croissante.
Questions fréquemment posées sur l'histoire de la dépression
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