Au moins un cinquième des riches Britanniques de l'époque victorienne ont bâti leur fortune grâce à la traite des esclaves.

Au moins un cinquième des riches Britanniques de l'époque victorienne ont bâti leur fortune grâce à la traite des esclaves.
Des historiens britanniques ont compilé une base de données publique accessible sur www.ucl.ac.uk/lbs, recensant tous les Britanniques impliqués dans la traite négrière. Partant des archives des années 1830, époque de l'abolition de l'esclavage, elle liste les propriétaires d'esclaves indemnisés pour la "perte de leur propriété". Chaque esclave était évalué financièrement. Près de 3 000 familles ont reçu des compensations sur plus de 46 000 demandes individuelles, totalisant l'équivalent actuel de milliards d'euros (environ 20 millions de livres sterling à l'époque).
Après trois ans d'analyse approfondie des archives, les chercheurs concluent que la Grande-Bretagne était bien plus impliquée dans la traite atlantique que ne le pensait l'historiographie traditionnelle. Les esclaves travaillaient principalement dans les plantations de canne à sucre des Antilles et les champs de coton d'Amérique du Nord. Cette activité lucrative a grandement contribué à l'essor économique britannique. De nombreuses figures éminentes, comme les écrivains George Orwell et Graham Greene, ou l'ancien Premier ministre David Cameron, descendent de marchands d'esclaves ayant posé les bases de fortunes familiales.
Ces découvertes raviveront sans doute le débat sur les réparations, porté par des pays caribéens comme la Barbade, qui exigent justice pour les souffrances endurées par les esclaves et leurs descendants.