Une espérance de vie moyenne d'au moins 70 ans. Quel était le secret des Mésopotamiens urbains ? L'archéologue Emmy Van Laere (UGent) explique : « Le niveau scientifique était élevé. Même sous le couvert des prêtres-médecins, les connaissances médicales étaient souvent dissimulées. »
Dans la région actuelle à la frontière de la Syrie, de l'Irak et de l'Iran, la Mésopotamie est née il y a 6 000 ans. Cette société prospère fut l'un des premiers foyers de connaissance, de culture, de politique, d'économie et de science. L'écriture y fut inventée pour la première fois, et tout fut minutieusement consigné sur des tablettes d'argile, nous permettant aujourd'hui de reconstituer de nombreux aspects de cette civilisation.
La médecine mésopotamienne en est un exemple frappant. Comment ces anciens ont-ils atteint une espérance de vie moyenne d'au moins 70 ans, des millénaires avant notre ère ?
Soulager un patient de sa maladie était souvent décrit comme un exorcisme de démons variés.Emmy Van Laere
Emmy Van Laere nuance : « Cette espérance de vie est probablement une estimation optimiste, basée principalement sur l'élite alphabétisée urbaine, et non sur les paysans ruraux. Il n'en reste pas moins remarquable que cette élite ait pu atteindre cet âge, un niveau que l'Occident n'a conquis qu'il y a un siècle. »
Several explications à ce succès : ces élites avaient accès à divers types de médecins. L'asu traitait les maux quotidiens comme un saignement de nez ou une blessure, et pratiquait une forme de chirurgie.
Le shipu, prêtre-médecin, exerçait une fonction principalement religieuse, s'occupant de plaintes vagues et de maladies mystérieuses comme l'épilepsie, les maux de tête ou d'estomac.
« Aujourd'hui, nous distinguons clairement médecine alternative et médecine conventionnelle. La Mésopotamie, société profondément religieuse, mêlait hocus-pocus et science. »
À première vue, les rituels du prêtre-médecin semblent du pur vaudou, mais il connaissait aussi les plantes médicinales.Emmy Van Laere
« Soulager un patient était souvent décrit comme un exorcisme de démons. Mais si une tablette prescrivait de placer une pommade "sous les étoiles", cela signifiait simplement laisser reposer le mélange une nuit. Ces descriptions magiques nous induisent souvent en erreur, nous amenant à sous-estimer leurs connaissances scientifiques. »
« Grâce à la reconstitution d'histoires personnelles, nous savons que les deux types de médecins maîtrisaient la médecine et l'anatomie. Le prêtre-médecin occupait un échelon supérieur : outre les savoirs médicaux, il excellait en religion et magie, exorcissant démons et purifiant maisons et temples. Ses rituels, bien que rituels, intégraient des plantes médicinales aux effets reconnus. »
Les connaissances médicales des Mésopotamiens sont attestées par ces artefacts...

Emmy Van Laere : « Ce tube en bronze servait à insérer dans l'urètre pour traiter les calculs rénaux, un procédé douloureux mais efficace contre l'inconfort. »

« Ce crâne révèle une hydrocéphalie causant une pression excessive sur le cerveau. Les médecins ont pratiqué une incision délibérée avec un scalpel pour soulager la pression et sauver le patient, démontrant une solide connaissance anatomique. »

Tout n'était pas purement médical. « Cette amulette, portée par les femmes enceintes, protégeait contre les fausses couches en tenant à distance la démone Lamashtu. »
Promoteur : Prof. Dr. dr. Katrien De Graef
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