Les porcs européens descendent originellement d'Asie du Sud-Ouest, notamment de régions comme la Turquie et l'Arabie saoudite. Pourtant, les porcs modernes conservent très peu de matériel génétique de ces lointains ancêtres. Leur signature génétique est majoritairement celle du cochon sauvage européen.
Des chercheurs britanniques, dont des archéologues de l'Université d'Oxford, ont analysé les génomes de plus de 2 000 porcs anciens, incluant 63 spécimens archéologiques d'Asie du Sud-Ouest et d'Europe sur les 10 000 dernières années. Ces études révèlent que les premiers porcs domestiques sont arrivés en Europe il y a environ 8 000 ans, en provenance de Mésopotamie.
Au cours des 3 000 années suivantes, ces porcs se sont hybridés avec les cochons sauvages européens, perdant presque toute leur ascendance génétique orientale. Seuls persistent le motif tacheté noir et blanc caractéristique de leur robe. La proportion la plus élevée d'ADN oriental subsiste encore dans les pays méditerranéens.
"Avoir accès à du matériel génétique ancien sur une si vaste période et étendue géographique nous permet de cartographier le lent remplacement du génome porcin", explique le bioarchéologue Gregor Larson, de l'École d'archéologie d'Oxford.
"Cela indique que l'élevage porcin était très extensif durant les premiers millénaires. Même si les éleveurs sélectionnaient une couleur de pelage spécifique, les croisements fréquents avec le sanglier européen ont effacé la signature ancestrale des porcs asiatiques."
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