Les composés chimiques des savons antibactériens impactent les muscles cardiaques et squelettiques.

Le triclosan, ingrédient courant des savons antibactériens, perturbe l’activité musculaire.
Présent dans de nombreux produits cosmétiques comme les déodorants, bains de bouche et dentifrices, le triclosan est détectable dans l’urine humaine, le sang, le lait maternel, ainsi que dans les cours d’eau et les organismes aquatiques. Critiqué pour favoriser les bactéries résistantes, il fait l’objet de nouvelles inquiétudes.
Des chercheurs américains ont évalué ses effets sur l’activité musculaire humaine et animale à des doses équivalentes à une exposition quotidienne normale. En laboratoire, des cellules musculaires cardiaques isolées et des fibres squelettiques se contractaient moins efficacement sous son influence.
Chez des souris vivantes, le cœur fonctionnait 25 % moins bien dans les 20 minutes suivant l’exposition, et la force de préhension chutait de 18 % jusqu’à une heure après.
L’étude a également porté sur le ménè américain (Fathead minnow), un poisson présent dans les eaux belges et souvent utilisé comme modèle pour les polluants aquatiques. Après sept jours dans de l’eau contenant des traces de triclosan, ces poissons étaient significativement moins actifs que les témoins.
Selon les experts, le triclosan n’est pas assez sûr pour être ajouté aux cosmétiques, d’autant qu’aucune preuve ne démontre une supériorité des savons antibactériens par rapport aux savons classiques. (ev)