Nous sommes fascinés par les seins, mais nos connaissances sur cet organe remarquable de l'évolution restent limitées. Ils grossissent précocement, se développent rapidement et accumulent des toxines environnementales. Le livre Seins : Histoire naturelle et contre-nature de Florence Williams compile les avancées scientifiques sur ce sujet.
Journaliste scientifique américaine, Florence Williams allaitait sa fille lorsqu'elle découvrit un article sur les toxines dans le lait maternel. Cette révélation – l'allaitement pourrait transmettre efficacement les polluants industriels à la génération suivante – l'a poussée à agir. Elle a fait analyser son lait pour les retardateurs de flamme toxiques et ses seins pour d'autres substances, comme le perchlorate issu des carburants de fusée. Les résultats étaient alarmants : les seins, tels des éponges sensibles, absorbent la pollution de notre mode de vie moderne.
Les seins sont un chef-d'œuvre de l'évolution.
Florence Williams a sillonné le monde pour confronter anciennes théories et recherches récentes dans Breasts: A Natural and Unnatural History (2020). Ce livre audacieux retrace l'histoire environnementale de l'organe humain le plus captivant. « Les seins étaient un sujet idéal pour un livre, explique-t-elle lors d'un entretien Skype depuis Boulder, Colorado. Ils sont hypersensibles, vulnérables et chargés de symbolisme. »
« Avant mes enfants, les seins occupaient peu de place dans ma vie. Mais l'allaitement m'a émerveillée face à leur miracle. Découvrir les toxines m'a révélé leur enjeu vital. Beaucoup a été écrit sur leur histoire culturelle, mais peu sur la science. Les seins : aimés, mais méconnus. Les chercheurs en cancer du sein ignoraient leur évolution, et les anthropologues, les récepteurs hormonaux. »
« Ils sont des chefs-d'œuvre évolutifs, intérieurs comme extérieurs. Chez les humains, seuls mammifères à avoir des seins gonflés dès la puberté – et non seulement en lactation comme chez les primates. Pourquoi ? »
« Sélection naturelle ou sexuelle ? Les anthropologues masculins penchent pour un signal sexuel : les hommes les apprécient. L'autre camp argue que la graisse stockée offre des avantages évolutifs aux femmes et à leur progéniture. »

« Ils signaleraient fertilité, âge, santé. Des seins volumineux indiqueraient : 'Je suis en forme et fertile.' Mais en réalité, ils sont plus beaux pendant la grossesse et l'allaitement. Beaucoup conservent leur attrait après. »
« Beaucoup d'hommes réagissent aux gros seins. Évolution ou culture ? L'Occident est obsédé, mais les préférences varient mondialement. »
« Dès les années 1930-1940, nylon et polyester ont révolutionné les soutiens-gorge : seins relevés, pointus, séparés. Hollywood l'a exporté. Le silicone a libéré le flot. »

« Venue pour effacer des tatouages, elle ressort avec un bonnet C. À 80 ans, ses implants de 50 ans tiennent, sans regrets, mais avec durcissement et douleurs. Les problèmes persistent, comme en France récemment. Près de 30 % des implants fuient en 10 ans. Les femmes manquent d'information : ce n'est pas anodin. »
« À chaque femme de juger. Mais l'industrie minimise les risques : engourdissement des mamelons, troubles d'allaitement. »
Les œstrogènes artificiels mimiquent les naturels, stimulant croissance et division cellulaire, augmentant les risques de mutations et cancer, selon l'épidémiologiste Malcolm Pike. Plus de cycles menstruels = plus d'exposition hormonale. Préindustriellement, allaitement et grossesses protégeaient ; autrefois 10 ovulations par vie, aujourd'hui 400 en Occident.
« Règles à 12 ans, premier enfant à 35 : bombardement hormonal + chimiques comme bisphénol A (BPA) dans plastiques. Patricia Hunt montre que le BPA cause anomalies chromosomiques sur trois générations chez la souris, activant récepteurs œstrogéniques. »
« C'est la plasticité phénotypique. L'ADN n'est pas figé ; l'environnement compte. La santé environnementale, inspirée de Rachel Carson, progresse. »
« Nos biais culturels freinent la science du corps féminin. Les seins, seul organe majeur sans spécialité médicale, ignorent lactation en formation médicale US. »
« Oui à l'exercice, non-fumeur, modération alcool. Mais l'industrie doit verdir ses produits, le gouvernement réguler. Le lobby chimique bloque les recherches malgré les preuves. »

« Facteurs classiques (âge, famille, puberté précoce...) n'expliquent pas tout. L'obésité protège les jeunes, risque les ménopausées. C'est multifactoriel. »
« Plus de 200 composants identifiés, désormais des centaines : 800 bactéries, 200 oligosaccharides protecteurs contre infections. »
« Prolacta vend du lait donné pour prématurés. On vise lactoferrine anti-inflammatoire via animaux transgéniques. »
« J'ai allaité 18 mois, mais inquiet. Toxines s'accumulent. En Norvège (99 % allaitent), on hésite après 6 mois : plus long = plus de chimie. »
« 6 000 gènes ultra-conservés sur des millions d'années. Avantage mammifère clé, dès synapsides il y a 310 millions d'années, survivant extinctions. »

« Mobilité maternelle, cerveaux plus grands, transmission culturelle, sens affinés. Moteur de l'intelligence mammifère et du langage primate. »
« Puberté mammaire tardive, meilleure prévention cancer, augmentations via graisse et cellules souches. »
« Oui ! Saraswati Sukumar pionnière : mastectomie chimique préventive. Analyses sanguines fines révèlent hormones et mimétiques. L'espoir grandit. »