Des scientifiques néerlandais du Centre médical Erasmus de Rotterdam et de l’Université d’Utrecht ont élucidé le mécanisme d’infection d’un nouveau coronavirus, responsable de graves troubles pulmonaires.

Ce virus, baptisé hCoV-EMC (human coronavirus - Erasmus Medical Center), a infecté 15 personnes à ce jour, dont neuf sont décédées. Les chercheurs rapportent leurs découvertes dans la revue Nature.
Identifié l’an dernier par Ron Fouchier et son équipe, ce pathogène se distingue des coronavirus courants, responsables de rhumes bénins. À l’image du SRAS, qui présente un taux de létalité d’environ 10 %, le hCoV-EMC provoque des insuffisances respiratoires sévères et rénales.
En analysant son mode d’entrée cellulaire, les experts ont démontré qu’il se lie à la protéine DPP4, présente à la surface des cellules. « DPP4 est hautement conservée chez l’humain et de nombreuses espèces animales, ce qui ouvre des pistes sur les réservoirs potentiels du virus », explique Berend Jan Bosch, virologue à l’Université d’Utrecht.
Lié génétiquement aux coronavirus des chauves-souris, hCoV-EMC infecte aussi les cellules de porcs, singes et chauves-souris. Son origine reste inconnue. Les cas, concentrés sur la péninsule arabique sans liens directs entre patients, suggèrent des zoonoses multiples. Des enquêtes sérologiques sur place chez animaux et humains sont en cours pour clarifier cette épidémiologie. (ddc)