Deux virus récemment découverts, les Pandoravirus, sont si imposants qu'ils remettent en cause les frontières traditionnelles entre virus et bactéries.

Les Pandoravirus salinus et dulcis, les plus grands virus jamais identifiés, n'ont aucune ressemblance génétique avec les autres espèces connues, selon une étude publiée dans Science.
Ces deux espèces mesurent environ un micromètre de long, surpassant ainsi de nombreux virus parasites bactériens. Ils sont visibles à l'aide d'un microscope optique standard et possèdent deux fois plus de paires de bases d'ADN que les Mimivirus, jusqu'alors les plus grands représentants de leur classe.
À leur découverte il y a une décennie, les Mimivirus avaient été initialement confondus avec des bactéries en raison de leur taille. Les Pandoravirus accentuent ce défi, questionnant la limite supérieure physique et génétique des virus. Leur origine reste mystérieuse, sans lien évident avec d'autres virus connus.
Pandoravirus salinus a été isolé à l'embouchure de la rivière Tunquen au Chili, tandis que dulcis provient du sédiment d'un étang d'eau douce près de Melbourne, en Australie. Ces sites ont été ciblés car des Mimivirus y avaient été précédemment détectés. L'équipe, dirigée par Nadège Philippe de l'Université Aix-Marseille, a délibérément traqué ces géants viraux dans les sédiments.