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La chaleur et l'ozone : le revers caché des canicules

La canicule persistante a un inconvénient majeur : l'augmentation des concentrations d'ozone. D'où provient ce gaz et comment s'en protéger ?

La chaleur et l ozone : le revers caché des canicules

La chaleur favorise les pics d'ozone.

Les fortes concentrations d'ozone sont liées à la pollution atmosphérique, mais ce gaz existe naturellement sur Terre depuis longtemps. Dans la stratosphère, l'ozone est essentiel à la vie : il forme une couche protectrice absorbant la majorité des rayons UV nocifs du Soleil. Cet ozone stratosphérique reste stable et inoffensif. Le problème surgit quand il se forme au niveau troposphérique, près du sol, sous l'effet du trafic routier notamment.

La formation d'ozone en troposphère requiert des conditions spécifiques : temps chaud et ensoleillé, faible vent, et présence d'oxydes d'azote (NOx) et de composés organiques volatils (COV). Sous l'action des UV et de la chaleur, le dioxyde d'azote (NO2) réagit avec l'oxygène (O2) pour produire de l'oxyde nitrique (NO) et de l'ozone (O3). Ces précurseurs proviennent principalement des gaz d'échappement automobiles.

Paradoxalement, bien que la pollution soit plus intense en ville, les concentrations d'ozone y sont souvent plus faibles qu'en campagne. En zones urbaines, le trafic génère continuellement du NO frais, qui réagit avec l'ozone pour reformer du NO2, limitant ainsi son accumulation. Le NO2 stable est ensuite transporté par le vent vers les zones rurales.

En campagne, avec moins de NO neuf, les réactions chimiques favorisent la production nette d'ozone sous l'effet de la chaleur et des UV, aggravant la pollution.

Impact sur la végétation

La verdure rurale absorbe jusqu'à 20 % de l'ozone troposphérique via les stomates des feuilles. Cependant, cela endommage les plantes : l'ozone accélère leur vieillissement, freine la croissance et réduit les rendements agricoles jusqu'à 20 % lors des étés chauds. Des études de l'Université de Göteborg confirment ces effets nocifs.

Le réchauffement climatique pourrait aggraver cela, mais selon l'Université de York, les plantes se protègent en fermant leurs stomates par temps sec, limitant l'absorption d'ozone – au détriment de la qualité de l'air ambiant. Contrairement aux végétaux, les humains ne peuvent cesser de respirer.

Risques pour la santé cardiaque

Les pics d'ozone (au-delà de 180 µg/m³) irritent les voies respiratoires, réduisant la capacité pulmonaire de 10 % chez les sensibles. La Cellule interrégionale de l'Environnement alerte en cas de dépassement.

Même les jeunes en bonne santé sont vulnérables. Une étude américaine sur des volontaires (19-33 ans) exposés à des niveaux ozone équivalents aux seuils européens a révélé une inflammation (hausse d'interleukine-1β), une réduction du plasminogène (favorisant les caillots) et des troubles du rythme cardiaque. L'OMS estime à 2 millions le nombre de décès annuels liés à la pollution chez les personnes à risque cardiaque.

Pas de solution miracle à court terme

Pour les personnes âgées ou cardiaques, suivez les alertes : restez indoors où l'ozone se dégrade rapidement. Les plantes d'intérieur filtrent efficacement l'air, comme l'a montré une étude de l'Université de Pennsylvanie (2009) : une pièce est purifiée en 2 heures maximum.

Réduire la pollution routière est complexe : moins de NOx urbains pourrait initialement augmenter l'ozone en campagne. Une action européenne coordonnée est essentielle, via directives sur NOx, COV, climat et particules fines.

Les épisodes ozone sont temporaires : orage ou vent les dissipent vite. Reportez efforts physiques intenses lors des alertes, même sans gêne ressentie.

La chaleur et l ozone : le revers caché des caniculesCet article paraît aussi dans Eos Weekly sur iPad
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