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Universités flamandes : obligation de déposer les données brutes pour combattre la fraude scientifique

À l'avenir, les chercheurs devront déposer leurs données brutes auprès de leur université. Une décision des recteurs des universités flamandes, membres du conseil d'administration de la FWO, pour lutter contre la fraude scientifique, selon De Standaard.

Universités flamandes : obligation de déposer les données brutes pour combattre la fraude scientifique

Dans une première phase, les chercheurs financés par la FWO devront transférer leurs données non traitées – comme les réponses aux enquêtes ou les résultats de mesures en laboratoire – à leur établissement. Cette obligation s'étendra progressivement à tous les chercheurs.

Cette mesure compliquera la manipulation de données pour les fraudeurs. « Aujourd'hui, les chercheurs ne consultent généralement que les résultats traités de leurs collègues, et chacun garde ses données brutes pour lui », explique Alain Verschoren, recteur de l'université d'Anvers. « Rendre ces données accessibles à l'université dissuadera les fraudes. » Elles ne seront pas publiques, précise-t-il.

Cette initiative fait suite à une affaire de fraude à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) : un jeune professeur avait falsifié des données sur l'origine de l'épilepsie. La supercherie a été découverte quand des collègues ont obtenu les données brutes par des voies détournées.

Juste avant, Eos publiait une enquête révélant que 1 chercheur en médecine sur 12 admet avoir inventé ou supprimé sélectivement des données ces trois dernières années. La moitié des répondants en ont été témoins.

Qualité de la recherche
De nombreux participants à l'enquête d'Eos préconisaient le partage de données brutes. Mais ils pointent surtout la pression publicationnelle : moins de jugement sur le nombre d'articles et les facteurs d'impact. La FWO et les universités flamandes veulent désormais prioriser la « qualité ». « On entend souvent qu'il vaut mieux dix articles que un, vingt que dix », note Verschoren à la VRT. « Les chercheurs pratiquent alors la 'tranche de salami' : un article devient deux ou trois. Nous investirons dans la qualité et définirons clairement ce qu'elle implique. » Les sanctions pour fraude seront aussi harmonisées.

Universités flamandes : obligation de déposer les données brutes pour combattre la fraude scientifiqueLe mardi 14 mai, Eos organise un débat sur la fraude scientifique à la Handelsbeurs de Gand, avec Daniele Fanelli (Université d'Édimbourg), Joeri Tijdink (Université libre d'Amsterdam et Centre médical) et Christine Janssens (KU Leuven).

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