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Les universités flamandes en retard sur la publication des résultats d'essais cliniques

Les résultats des essais cliniques doivent être publiés dans l'année suivant leur achèvement. Les universités, y compris celles de Flandre, manquent souvent à cette obligation.

Quel médicament est le plus adapté à mon patient ? Pour répondre, les médecins s'appuient sur des essais cliniques évaluant l'efficacité et la sécurité des traitements chez l'humain. Pourtant, ces résultats ne sont pas toujours rendus publics. Une étude britannique publiée dans le British Medical Journal révèle que moins de la moitié des essais sont publiés à temps, les universités étant les plus récalcitrantes.

Cela pose un vrai problème. « Les médecins ne peuvent prendre des décisions éclairées sans la publication complète des essais », explique Ben Goldacre (Université d'Oxford), responsable de l'étude. Il ajoute que cela trahit aussi la confiance des participants, qui contribuent bénévolement à l'avancée des traitements.

Une image déformée

La non-publication des résultats négatifs est un vieux fléau. Les laboratoires pharmaceutiques, souvent financeurs, hésitent à divulguer les échecs, créant un biais de publication qui fausse l'image de l'efficacité et de la sécurité des médicaments.

Depuis 2004 en Europe, l'enregistrement préalable des essais est obligatoire, suivi de la soumission des résultats à l'Agence européenne des médicaments (EMA) dans les 12 mois, publiés dans l'EUCTR.

Goldacre et son équipe ont analysé 7 274 essais : seulement 49,5 % ont été publiés à temps. Les essais sponsorisés par l'industrie l'ont été à 68 %, contre 11 % pour les universitaires.

Oubli ou négligence ?

« L'industrie a résisté à la transparence, mais respecte désormais la loi grâce à ses processus rodés », note Goldacre. Les universités, elles, pâtissent souvent d'un simple oubli des chercheurs.

En Flandre, les universités sont aussi concernées : 23 essais de l'Université de Gand, 12 de la KU Leuven, 2 de la VUB et 4 de l'Université d'Anvers attendent encore publication.

Kathleen Claes, du Centre d'essais cliniques de l'UZ Leuven, approuve l'initiative : « Toutes les données doivent être accessibles. Sept de nos 12 essais manquants sont publiés ailleurs, mais nous devons mieux informer sur l'obligation EMA. »

À Gand, Catherine Van Der Straeten (UZ Gent) confirme : certains résultats existent ailleurs, mais la responsabilité n'est pas toujours claire. De nouvelles procédures vont améliorer le suivi.


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