« Même lorsque les singes font mieux, les chercheurs l'interprètent comme le résultat de leurs capacités cognitives inférieures » David Leavens, Université du Sussex
Des centaines d'études scientifiques affirment que les grands singes sont intelligents, mais inférieurs aux humains. Des psychologues américains contestent ces conclusions, pointant des biais méthodologiques profonds. Notre désir de suprématie cognitive entrave une recherche objective et honnête.
Les chercheurs soulignent qu'aucune étude ne démontre de manière irréfutable des différences d'intelligence sociale entre humains et grands singes. Celles qui en rapportent ne prouvent pas un fond génétique : pour cela, les conditions expérimentales (environnement, apprentissage) doivent être identiques entre sujets humains et singes.
« Pendant des décennies, notre conviction inébranlable de supériorité a miné les recherches sur le potentiel des grands singes. On exagère systématiquement les compétences sociales des bébés humains et on sous-estime celles des singes adultes », explique David Leavens, responsable de l'étude à l'Université du Sussex.
Les auteurs dressent un parallèle avec l'époque où la science occidentale proclamait la supériorité intellectuelle des Européens du Nord. Une science fondée sur un vœu pieux, jugent-ils. « Je n'exclus pas que de futures recherches révèlent des différences, mais les travaux actuels regorgent d'erreurs », conclut Leavens.