Les singes sont capables de planifier l'avenir, et de manière surprenante, cette fonction se manifeste dans l'amygdale, une région du cerveau associée à des comportements primitifs.

Des chercheurs de l'Université de Cambridge ont entraîné des primates à réaliser des tâches récompensées par de la nourriture. Les animaux pouvaient consommer la récompense immédiatement ou la reporter pour en obtenir davantage, en fonction de taux variables – comparables aux intérêts d'un compte d'épargne fluctuants. Comme de véritables investisseurs avisés, les singes choisissaient d'épargner, particulièrement quand les gains potentiels étaient élevés.
Parallèlement, le chercheur Fabian Grabenhorst a enregistré l'activité cérébrale des sujets. Des neurones de l'amygdale, impliquée dans la peur, l'agressivité et les récompenses, ont révélé des patterns prédisant le comportement d'épargne avant même le début des tâches. Cette "activité de planification" anticipait même l'efficacité des singes à maximiser leurs récompenses.
Cette découverte, publiée dans la revue Nature Neuroscience, bouleverse les idées reçues : l'amygdale, longtemps associée à des réactions primitives, joue un rôle dans une fonction cognitive avancée comme la planification, habituellement rattachée au cortex préfrontal. (lg)
[]