Plus il y a d'hommes dans l'équipe chirurgicale, plus les conflits augmentent et la coopération diminue, à l'image des primates.

Dans le bloc opératoire, médecins et infirmiers reproduisent les hiérarchies et schémas de genre observés chez les singes. Telle est la conclusion d'une étude américaine menée par le primatologue franco-néerlandais Frans de Waal.
Spécialiste des primates non humains, son équipe a cette fois observé des cliniciens lors de 200 interventions chirurgicales. Les équipes mixtes comprenaient chirurgiens, infirmiers et techniciens, avec des hiérarchies professionnelles variées.
Les chercheurs ont analysé les comportements conflictuels (cris, remarques irrespectueuses) et coopératifs (discussions, échanges d'informations, plaisanteries).
Les conflits surviennent plus souvent entre niveaux hiérarchiques différents. De plus, une proportion masculine élevée accroît les tensions et réduit la collaboration.
Paradoxalement, lorsque le chirurgien est du sexe opposé à la majorité de l'équipe, la coopération s'améliore et les conflits diminuent. Ces observations font écho aux études sur les primates, où le mâle dominant génère des rivalités inter-hiérarchiques.
Les conflits sont plus fréquents entre individus du même sexe qu'entre sexes opposés, comme chez les singes. Les chercheurs notent toutefois que les tensions ne sont pas toujours négatives et peuvent favoriser l'apprentissage.
À travers une perspective évolutionniste, cette étude vise à optimiser la performance des équipes et la sécurité des patients en bloc opératoire.