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Les fruits, principal moteur du développement cérébral chez les primates

Ce n'est pas la complexité de leur vie sociale, mais leur alimentation qui prédit le mieux la taille du cerveau des primates.

Les fruits, principal moteur du développement cérébral chez les primates

L'« hypothèse du cerveau social » postule que les interactions sociales complexes, comme la vie en grands groupes, sont le principal moteur de l'intelligence. Des chercheurs américains challengent cette théorie dans une étude publiée dans Nature Ecology & Evolution. Leur analyse montre que le régime alimentaire des primates est un prédicteur bien plus fiable de leur intelligence.

« Rien ne prédit la taille du cerveau aussi bien que ce que mangent les singes » Alexander H. Thompson et al., Nature Ecology & Evolution

Les scientifiques ont examiné les données sur la taille du cerveau, le régime alimentaire et la structure sociale de plus de 140 espèces de primates – trois fois plus que dans les études précédentes. Ils ont pris en compte la taille des groupes, les systèmes d'appariement (monogamie ou polygamie) et les mécanismes de hiérarchie sociale. Aucun de ces facteurs n'explique la taille du cerveau aussi bien que l'alimentation. Ajusté pour le poids corporel, les espèces frugivores ont un cerveau 25 % plus volumineux que les folivores.

Les fruits, principal moteur du développement cérébral chez les primates

Les fruits, riches en énergie et plus digestes que les feuilles, fournissent le carburant nécessaire à un cerveau plus grand. Mais pourquoi investir cette énergie dans le cerveau plutôt qu'ailleurs ? Pour Robin Dunbar, pionnier de l'hypothèse du cerveau social (Université d'Oxford), régime et complexité sociale sont complémentaires, non exclusifs (Science).

Les auteurs de l'étude proposent une alternative : consommer des fruits exige des compétences cognitives avancées – repérer, cueillir, ouvrir et traiter les fruits. Ainsi, l'alimentation pourrait directement stimuler l'intelligence. Le débat sur les rôles respectifs de l'alimentation et de la socialité dans l'évolution cérébrale des primates est loin d'être clos.


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