Un prix Nobel de physique historique en 2018. Arthur Ashkin (96 ans, États-Unis) devient le lauréat le plus âgé de l'histoire. Donna Strickland (Canada) est la première femme primée depuis 55 ans. Gérard Mourou (France) complète le trio.
Les lauréats recevront leur médaille d'or et la somme de 9 millions de couronnes suédoises (environ 867 000 euros) lors de la cérémonie officielle du 10 décembre à Stockholm, jour anniversaire de la mort d'Alfred Nobel.
Ces physiciens sont récompensés pour leurs travaux pionniers en physique laser. Un laser produit un faisceau lumineux cohérent et intense. Depuis les années 1980, des méthodes ont permis de manipuler ces faisceaux pour des applications ultra-précises en science et médecine.
Arthur Ashkin (Bell Labs), qui reçoit la moitié du prix, a inventé les pinces optiques dans les années 1980. Ces outils à base de lasers permettent de manipuler des objets vivants (cellules, bactéries, virus) ou inertes (atomes, molécules) sans les endommager. Sa percée : déplacer une bactérie vivante. Aujourd'hui, indispensable en microbiologie.
« Le laser à haute intensité est indispensable en médecine moderne. Des millions de corrections de la vue sont réalisées chaque année avec cette technologie. »
L'autre moitié du prix est partagée par Gérard Mourou (Université du Michigan) et Donna Strickland (Université de Waterloo). Dans les années 1980, ils ont développé des impulsions laser ultra-courtes et intenses via la technique d'amplification d'impulsions chirpées (CPA). Cette innovation fonde les lasers à haute intensité, essentiels en chirurgie ophtalmique et au-delà.
Malgré l'importance de ces avancées, l'attention se porte sur Donna Strickland, troisième femme Nobel de physique après Marie Curie (1903) et Maria Goeppert-Mayer (1963).
La physique laser est riche en Nobel : dix prix depuis 1964, du principe fondamental aux applications révolutionnaires en biologie et médecine.