L'expert en sécurité incendie José Luis Torero développe FireGrid, un système permettant aux bâtiments de contrôler un incendie via des données de capteurs. Les pompiers risquent moins ou n'interviennent pas du tout.
Le 11 septembre 2001 à New York, vers 10 heures, deux avions percutent les tours du World Trade Center. La tour sud s'effondre, suivie de la tour nord 30 minutes plus tard. Les pompiers, sans données précises, suivent leur instinct, comme toujours. Une décision fatale : 343 pompiers périssent à 10h28.
Si un incendie extrême avait été anticipé lors de la construction des tours du WTC, elles ne se seraient pas effondrées.
Des héros qui auraient survécu avec plus d'informations, affirme José Luis Torero, expert renommé en sécurité incendie. Il conçoit un système rendant l'intervention des pompiers plus intelligente et moins instinctive.
«Aujourd'hui, les pompiers s'appuient sur leurs sens : vue, ouïe, odorat pour évaluer un bâtiment en feu et décider. C'est primitif comparé à un pilote d'avion, guidé par des capteurs mesurant vitesse, altitude, vent, etc. Des capteurs dans un bâtiment fourniraient des données objectives, remplaçant l'instinct par la connaissance.»

«FireGrid, une de mes technologies, permet à un bâtiment d’élaborer seul une stratégie anti-incendie, simplifiant ou rendant inutile l'intervention humaine. Basé sur le Sensor Driven Computation, un réseau de capteurs mesure température, fumée, flux d'air et positions des occupants. Un ordinateur central calcule évacuations sécurisées, contrôle portes, ventilation, pression dans les escaliers pour confiner le feu. En bref, une brigade automatique : le pompier n’entre plus pour évaluer, mais finalise en ‘pilote automatique’.»
«Un incendie est un processus physique ultra-complexe, imprévisible pour deux raisons : physique compliquée et incertitudes sur contenu, matériaux, ouvertures du bâtiment. Les défis évoluent : isolation accrue, meubles neufs, tours kilométriques. Maîtriser un problème en fait surgir cinq nouveaux.»

«La fumée touche le plus de monde, avec une portée bien supérieure. Mais c’est son évacuation qui compte. Dans les gratte-ciel, prioriser l’évacuation rapide via voies sans fumée, en pressurisant escaliers ou inversant ventilation.»
«Pas les matériaux, mais leur intégration sans connaissance du comportement en feu. Les tours WTC résistaient à un impact d’avion, pas au kérosène en feu (900°C). Chaleur et fumée piégées ont fait fondre l’acier.»
«Il aurait alerté 30 minutes avant l’effondrement du risque extrême, permettant l’évacuation des pompiers. Mais les tours n’auraient pas croulé si l’incendie extrême avait été conçu dès l’origine. Frustrant de voir ces failles dans les nouveaux gratte-ciel.»