Un nouvel avertissement sur les prétendus effets nocifs des radiations des téléphones portables suscite une peur injustifiée.
« Un biologiste à la retraite a signé l'appel pour la Belgique. Un spécialiste des insectes à la retraite pour les Pays-Bas et ancien président de la Fondation pour l'électrohypersensibilité. Impressionnant, n'est-ce pas ? »
« Des dommages tragiques et irréversibles. » « Un risque accru de cancer, un stress cellulaire, une augmentation des radicaux libres nocifs, des dommages génétiques, des troubles de l'apprentissage et de la mémoire. » Sans oublier : « Des effets dangereux sur les plantes et les animaux. » 180 scientifiques de 35 pays mettent en garde contre les rayonnements électromagnétiques et demandent de ne pas déployer les réseaux 5G.
Certains médias ont relayé cet avertissement avec empressement. La peur du cancer liée aux radiations fait toujours recette. Pourtant, de solides raisons invitent à la prudence.
Examinons d'abord la liste des signataires : elle inclut de nombreux retraités, des scientifiques sans expertise spécifique dans ce domaine et des militants. Pour la Belgique, un biologiste retraité ; pour les Pays-Bas, un entomologiste retraité et ex-président de la Fondation pour l'électrohypersensibilité.
L'une des initiatrices, l'Américaine Beatrice Golomb, est surtout connue pour ses travaux sur les antihypertenseurs. Le Suédois Lennart Hardell, un autre signataire clé, n'a pas reproduit ses propres découvertes sur les effets nocifs des radiations. Sont-ils les experts les plus fiables pour interpréter des études complexes sur la santé et les rayonnements ? Un scientifique respecté oserait-il alarmer la population avec des termes comme « dommages tragiques et irréparables » sans preuves irréfutables ?
Les références citées incluent une étude américaine préliminaire sur des animaux de laboratoire, non finalisée et non soumise à l'examen par les pairs. Le rapport BioInitiative, souvent invoqué, n'a pas non plus été peer-reviewed et a été critiqué par plusieurs organismes scientifiques pour sa sélection biaisée des données (« cherry picking »).
Une analyse objective de l'ensemble des recherches mène à une conclusion opposée, comme celle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : « À ce jour, aucun effet néfaste sur la santé n'a été établi lié à l'utilisation des téléphones portables. » (Note : l'usage au volant reste dangereux, mais pour des raisons de distraction.)