Quelle est la qualité de vie après un cancer ? La sexualité est souvent altérée, tout comme la fertilité.

Vous pouvez être psychologiquement résilient, mais un diagnostic de cancer fait s'effondrer votre monde. Une cellule anormale a échappé à votre système immunitaire, s'est multipliée de façon incontrôlable en une tumeur maligne menaçant votre vie. La question qui hante l'esprit est : "Vais-je survivre ?" Votre médecin aborde alors la sexualité, ce qui peut surprendre. Pourtant, c'est essentiel : de nombreux patients vainquent le cancer, et la vie intime redevient importante. Avec les bonnes informations, certains problèmes sexuels peuvent être prévenus.
Le petit bassin
Imaginez une tumeur dans la région pelvienne, qui abrite vessie, rectum, et organes sexuels et reproducteurs : vagin, utérus, trompes, ovaires chez la femme ; prostate chez l'homme. Si détectée tôt, sans métastases, le chirurgien retire l'organe tumoral avec une marge de tissu sain et vérifie les ganglions lymphatiques. Le cauchemar s'achève souvent là.
Mais dans le petit bassin, les interventions sont complexes. Pour un cancer de la vessie chez l'homme, la prostate est souvent enlevée avec la vessie pour maximiser les chances de survie. Sans prostate ni vésicules séminales, l'éjaculation disparaît – sans impact sur les orgasmes si les nerfs sont intacts. "Plus de la moitié des hommes opérés retrouvent des orgasmes, contrôlés par les muscles du plancher pelvien", explique le Dr Benny Verheyden de l'UZ d'Anvers.
"C'est comparable chez la femme : l'orgasme provient des contractions pelviennes. Sans vésicules séminales, l'orgasme est 'sec' si les nerfs fonctionnent", ajoute le Pr Jan Lamote de l'UZ Bruxelles.
Cependant, les nerfs érectiles, situés entre les organes, risquent d'être lésés. Un nerf contusionné peut récupérer en jusqu'à deux ans ; un nerf sectionné, non. Cela peut compliquer les érections. Plus le cancer est avancé, plus l'intervention est invasive, augmentant les risques, note Lamote. La chirurgie nerve-preserving est un équilibre délicat entre préservation et sécurité.
Votre médecin anticipe ces problèmes et propose des solutions préventives. "Démarrer tôt des médicaments érectiles post-opératoire oxygène le tissu penile, prévenant la fibrose même sans activité sexuelle", conseille Verheyden. Les érections nocturnes naturelles disparaissent post-chirurgie ; les traitements les restaurent.
Impuissance
Pour un cancer de prostate chez un homme de 75 ans, la radiothérapie est une option. Externe (quotidienne, 7-8 semaines) ou interne (curiethérapie avec sources radioactives). Souvent associée à une hormonothérapie réduisant testostérone. Les effets sexuels sont tardifs : dommages nerveux progressifs, mais techniques modernes comme l'IMRT minimisent les risques. "Les médicaments aident en cas de lésions", dit le Dr Sara Junius de l'UZ Gasthuisberg Louvain.
Chimiothérapie : cycles de médicaments cytotoxiques. "Moins permanents que la chirurgie", note le Dr Luc Dirix de l'hôpital Sint-Augustinus Anvers.
Pour les moins de 65 ans, chirurgie privilégiée pour meilleur survie à long terme.
Ménopause
La chimiothérapie accélère l'épuisement ovarien : précocité de la ménopause selon l'âge. "Fertilité préservée chez les jeunes, mais risque d'infertilité après 35 ans", explique le Pr Frédéric Amant de l'UZ Gasthuisberg Louvain.
Tous traitements impactent la fertilité féminine. Solutions : déplacer ovaires hors champ irradié, chirurgie conservatrice, cryopréservation embryonnaire (si temps et partenaire). Chez l'homme, sperme congelé facilement ; testicules plus résistants.
Pour cancer testiculaire (jeunes hommes) : cryopréservation pré-traitement essentielle, malgré altération spermatique.
Aucune garantie d'étanchéité
Prépubères : biopsie testiculaire congelée, réimplantation cellules souches. Risque résiduel cancéreux à exclure, surtout leucémies.