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Curcuma après un cancer du sein : risque pour l'hormonothérapie ? Alerte d'une étude néerlandaise

Les compléments alimentaires à base de curcuma peuvent réduire l'efficacité de l'hormonothérapie contre le cancer du sein, selon une étude menée par des chercheurs de l'Institut néerlandais du cancer à Rotterdam.

Les suppléments de curcuma sont très populaires pour soulager divers maux, y compris pour prévenir les récidives de cancer du sein chez les survivantes. Cependant, faute d'études cliniques chez l'humain, des scientifiques de l'Institut néerlandais du cancer de Rotterdam ont conduit une recherche sur 16 patientes sous hormonothérapie (tamoxifène ou énoxifène) pour prévenir les récidives de cancer du sein hormono-dépendant. La moitié a reçu quotidiennement 1 200 mg de curcuma (trois fois par jour), avec ou sans pipérine (extrait de poivre noir améliorant l'absorption intestinale). L'autre groupe a poursuivi son traitement habituel sans placebo.

Les chercheurs ont mesuré les concentrations sanguines de tamoxifène et d'énoxifène, essentielles à leur efficacité optimale. Résultat : une baisse moyenne de 7,7 % avec le curcuma seul, et de 12,4 % avec pipérine. Chez 20 à 40 % des patientes, cette diminution fait chuter les niveaux sous le seuil thérapeutique.

Les auteurs concluent que les suppléments de curcuma sont déconseillés aux patientes sous hormonothérapie pour cancer du sein hormono-sensible, car ils risquent de diminuer l'effet des médicaments et d'augmenter théoriquement le risque de récidive.

Comment interpréter cette étude ?

Aux Pays-Bas, 20 à 30 % des survivantes d'un cancer du sein consomment du curcuma, tout comme en France pour prévenir le cancer, soulager l'arthrose ou d'autres troubles. Certaines études in vitro ou sur animaux suggèrent un effet protecteur anticancéreux, mais aucune n'a été réalisée chez des patientes cancéreuses.

« Certaines études ont suggéré que le curcuma pourrait réduire le risque de cancer, mais elles ont été menées in vitro ou sur animaux, sans essais chez des patientes cancéreuses. »

Face à la popularité de ces compléments, cette étude, bien que limitée à 16 patientes, met en évidence une interaction : le curcuma abaisse légèrement les concentrations sanguines de tamoxifène et d'énoxifène, potentiellement augmentant le risque de récidive (non évalué ici).

Les survivantes d'un cancer doivent être vigilantes avec les compléments alimentaires. Informez toujours votre oncologue de vos prises : certains interagissent avec les traitements et en réduisent l'efficacité.

Conclusion

Des chercheurs néerlandais démontrent que le curcuma atténue l'effet du tamoxifène ou de l'énoxifène, prescrits en entretien post-cancer du sein pour prévenir les récidives. Sans preuve d'un bénéfice du curcuma sur ces récidives, il est préférable de s'abstenir de ces suppléments sous hormonothérapie.

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