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La progestérone, hormone de grossesse, inhibe la croissance du cancer du sein

La répartition des rôles entre les hormones sexuelles progestérone et œstrogène dans la croissance du cancer du sein diffère de ce que l'on pensait. Bonne nouvelle : la progestérone joue un rôle protecteur.

La progestérone, hormone de grossesse, inhibe la croissance du cancer du sein

La progestérone, présente chez l'homme comme chez la femme, s'accroît fortement durant la grossesse pour préparer le corps à l'accouchement et à l'allaitement. Elle figure aussi dans certaines pilules contraceptives pour inhiber l'ovulation.

Autrefois, l'hormonothérapie substitutive utilisait des progestatifs synthétiques comme l'acétate de médroxyprogestérone (MPA) contre les symptômes ménopausiques. Leur lien avec un risque accru de cancer du sein a réduit leur usage. Cependant, selon une équipe dirigée par Hisham Mohammed et Jason Carroll (Université de Cambridge), publiée dans Nature, la progestérone elle-même ne cause pas le cancer du sein.

Une étude de 2008 dans Breast Cancer Research and Treatment confirme que la progestérone n'augmente pas ce risque. De plus, un récepteur de progestérone élevé signale souvent un cancer plus traitable, surtout avec récepteur α des œstrogènes (ERα), promoteur de la croissance tumorale.

Les chercheurs montrent que la progestérone bénéficie aux cancers œstrogéno-dépendants. Des agonistes du récepteur de progestérone aident même quand les anti-œstrogènes échouent. Ils ont étudié les interactions entre récepteurs de progestérone (PR) et ERα, facteurs de transcription liant l'ADN pour activer des gènes.

Sur cellules cancéreuses, la progestérone via PR modifie les sites de liaison d'ERα, activant des gènes pro-apoptotiques qui induisent la mort cellulaire précoce.

Chez la souris avec xénogreffes humaines : sans hormones, pas de croissance ; avec œstrogènes, croissance ; avec progestérone ajoutée, inhibition. PR active alors des gènes différents via ERα.

La progestérone n'induit pas les tumeurs et freine celles stimulées par les œstrogènes. Elle potentialise aussi le tamoxifène.

Sur 2000 cancers du sein analysés, 1/5 montre un faible niveau de récepteurs PR, limitant leur effet protecteur.

Historiquement, les récepteurs PR pronostiquaient la gravité et la réponse aux anti-œstrogènes. Ici, PR influence ERα : les stimuler pourrait aider de nombreuses patientes.

Les auteurs préconisent une double stratégie : bloquer ERα et activer PR, comme "ceinture et bretelles" pour minimiser les tumeurs.


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