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Cancer du sein : avancées et traitements prometteurs au Canada

Cancer du sein : nouveaux traitements et médicaments

Grâce aux progrès en dépistage, à la détection précoce et à l'efficacité accrue des traitements, le taux de survie à cinq ans des Canadiennes diagnostiquées avec un cancer du sein est passé de 79 % en 1986 à 88 % aujourd'hui, selon Karen Malone, vice-présidente de la recherche et des programmes de la Fondation canadienne du cancer du sein.

Les thérapies personnalisées enthousiasment particulièrement MJ DeCoteau, fondatrice et directrice générale de Rethink Breast Cancer à Toronto : « Il y a eu peu de traitements vraiment révolutionnaires ces dernières années, mais des avancées prometteuses en médecine de précision émergent. Le cancer du sein est complexe et multifacette ; ces thérapies permettent un ciblage précis des soins. »

Cependant, le Canada tarde à approuver ces innovations. Aux États-Unis, la FDA accélère l'accès, mais au Canada, après l'autorisation de Santé Canada, un organisme de financement distinct doit valider le remboursement, ce qui peut prendre des années, comme pour le test Oncotype DX.

Ce test analyse l'activité de 21 gènes pour évaluer le risque de récidive et l'utilité de la chimiothérapie. Il y a six ans, les patientes devaient franchir la frontière ; aujourd'hui, il est disponible dans sept provinces. Rethink milite pour son financement au Manitoba. Mme DeCoteau insiste : « Le système doit accélérer. Beaucoup de femmes ne peuvent attendre. »

Le palbociclib, un médicament prometteur

Le palbociclib améliore la survie des femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique à récepteurs hormonaux positifs. Autorisé par Santé Canada en mai 2016 (disponible aux États-Unis depuis février 2015), son remboursement est encore en attente.

Malgré ces délais, le Canada excelle en recherche. La Dre Karen Gelmon, professeure de médecine à l'Université de Colombie-Britannique et oncologue à la British Columbia Cancer Agency, note : « Nous contribuons aux grandes avancées, dont le palbociclib. »

En attendant le financement, il est accessible via des programmes de soutien ou essais cliniques. Un essai dirigé par la Dre Gelmon montre que l'ajout de palbociclib double la période de réponse positive chez les patientes à récepteurs d'œstrogènes positifs, prolongeant la « survie sans progression ». « Les résultats sont très prometteurs ; deux autres inhibiteurs de CDK-4/6 sont en développement. »

Revisiter un médicament existant contre les récidives

Parfois, réutiliser un médicament suffit. Une étude de la Harvard Medical School et de l'Université Queen's (Ontario), publiée en juin 2016 dans The New England Journal of Medicine, montre que prolonger le létrozole (inhibiteur des œstrogènes) de 5 à 10 ans chez les femmes postménopausées réduit le risque de récidive de 34 %.

La Dre Gelmon ajoute : « Trop de patientes rechutent malgré un traitement initial. Nombreuses continuent le létrozole malgré l'absence de financement provincial systématique ; il est prescrit en pharmacie. »

La recherche reste clé, y compris pour le cancer triple négatif (15 % des cas). Participer à un essai clinique offre souvent les meilleures options, comme pour Esther Vetter, 80 ans.

En 2012, après métastases vertébrales, un essai sur l'enzalutamide (efficace contre le cancer de la prostate) a stabilisé son cancer à récepteurs androgéniques positifs. Depuis juin 2014 au Sunnybrook Health Sciences Centre, elle reste active : golf, voyages... « L'espoir renaît. Que d'autres en profitent ! »

Une arme de plus dans l'arsenal thérapeutique

MJ DeCoteau encourage : « Si un traitement échoue, en essayez un autre. Les essais cliniques sont précieux. » La Société canadienne du cancer liste les opportunités.

À l'étude mondiale : ablation par radiofréquence (ARF), prometteuse pour les cas précoces (méta-analyse chinoise, mars 2016), et immunothérapie, dont IMMU-132 pour le triple négatif (essais Colorado, juin 2016).

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