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Vivre sous haute tension : faits scientifiques et idées reçues sur les lignes électriques

Rien ne prouve que le rayonnement des lignes à haute tension soit nocif, selon le gouvernement flamand. Pourquoi tant d'inquiétudes ?

Vivre sous haute tension : faits scientifiques et idées reçues sur les lignes électriques

Près de 16 000 familles, 66 écoles, 103 crèches et cinq maisons de repos sont exposées à des niveaux de rayonnement élevés près des lignes électriques, d'après un nouveau modèle de calcul du gouvernement flamand. L'intensité du champ magnétique y dépasse 0,4 microtesla. Pourtant, aucune preuve scientifique n'établit que ces niveaux sont nocifs. Pourquoi ce remue-ménage ?

Aucune preuve de lien avec le cancer

Les études épidémiologiques montrent une fréquence accrue de leucémie infantile près des lignes à haute tension, mais sans démontrer de causalité. D'autres facteurs comme le trafic routier, les pesticides, la classe sociale ou le mode de vie pourraient expliquer ce phénomène, explique Eric van Rongen, expert en rayonnements au Conseil néerlandais de la santé. « Même en tenant compte de ces variables, la corrélation persiste. Cependant, les animaux de laboratoire exposés à des champs magnétiques intenses ne développent pas de cancer, ce qui suggère l'absence de lien causal. Néanmoins, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe ces champs comme 'probablement cancérogènes' par prudence. »

Pas de seuil critique à 0,4 microtesla

La valeur de 0,4 microtesla, dite 'limite critique', n'est pas une frontière stricte entre risque nul et danger. « C'est une valeur arbitraire, précise Van Rongen. Les études épidémiologiques observent un risque potentiel dès 0,2 à 0,5 microtesla, mais les faibles populations exposées à des niveaux élevés rendent impossible une définition précise. Les décideurs ont donc retenu 0,4 microtesla. » Puisqu'il n'existe pas de limite nette entre exposition sûre et risquée, on ne peut pas qualifier les riverains d'« trop exposés ».

Aucun risque pour les activités sportives sous les lignes

Le gouvernement flamand intègrera ces données pour les nouveaux projets immobiliers, résidences jeunes ou terrains de sport. Le lien observé avec la leucémie infantile ne concerne que les expositions de longue durée : 14 à 18 heures par jour pendant au moins un an. « Un séjour à l'école ou à la crèche n'entre pas dans cette catégorie, encore moins une séance de sport », note Van Rongen.

Pas de panique justifiée

La leucémie infantile reste rare : environ 40 cas par an en Flandre, 200 aux Pays-Bas. Si les lignes à haute tension en étaient la cause, cela générerait un cas supplémentaire tous les 8 ans. « Limiter l'exposition sans gros efforts ne peut pas nuire, conclut Van Rongen. Mais les riverains n'ont aucune raison de paniquer : rien ne prouve un danger pour la santé. »

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