Bientôt allongé au soleil sur la plage ? Pas si vite. Découvrez neuf affirmations sur le soleil et la santé, certaines véridiques, d'autres erronées, expliquées par des dermatologues reconnus.
Le bronzage est déjà une réaction cutanée aux dommages de l'ADN causés par les UV. « Il n'existe pas de seuil de sécurité », explique le dermatologue Frank de Gruijl du Centre médical universitaire de Leyde. « Le corps répare généralement ces lésions, mais le risque augmente avec l'exposition. Pas besoin de craindre le soleil comme nos ancêtres des cavernes. »
Le dermatologue Han van der Rhee partage cet avis : « Notre peau a évolué pour une exposition optimale. Aujourd'hui, nous en manquons, et quand nous nous exposons, c'est souvent intensément sur une plage méditerranéenne. Une exposition modérée locale, comme marcher ou pédaler au soleil, est bénéfique. »
Des études épidémiologiques lient une exposition régulière à un risque réduit de sclérose en plaques, cancers du côlon, sein, prostate et lymphome non hodgkinien. « Bien que non causal prouvé, des recherches sur animaux et cellules confirment le rôle de la vitamine D », ajoute Van der Rhee.
Les UV accélèrent le vieillissement cutané : les UVA altèrent le collagène, réduisant l'élasticité et favorisant les rides. Aucun seuil sûr non plus ici.
Les crèmes solaires bloquent les UV et préviennent les coups de soleil. Pourtant, certaines études montrent un risque accru de mélanome chez leurs utilisateurs. Explication principale : ils s'exposent plus souvent. Les peaux claires, déjà à risque, biaise les résultats.
De plus, l'application est souvent insuffisante : les tests FPS utilisent 2 mg/cm², mais la plupart appliquent la moitié, sans réappliquer assez.
Cependant, une utilisation correcte prévient le mélanome. « Entre 12h et 16h, optez pour FPS 30+ ; un T-shirt est idéal », conseille la dermatologue Lieve Brochez de l'UZ Gent.
Vrai pour le carcinome basocellulaire (34 000 cas/an aux Pays-Bas, 20 000 en Belgique), qui ne métastase pas et tue rarement, bien qu'il cause des lésions locales si non traité.
Le mélanome (5 000 cas/an Pays-Bas, 2 500 Belgique) est mortel : 25 % des hommes et 13 % des femmes en décèdent. Diagnostic précoce et facteurs hormonaux/immunitaires expliquent les écarts.
Les autres cancers cutanés tuent environ 2 % des patients.
Un FPS 40 double le temps avant brûlure par rapport à FPS 20. Logique en théorie.
Mais une étude sur des jeunes en vacances (FPS 10 vs 30, en double insu) a montré autant de brûlures chez ceux avec haute protection : ils restaient plus longtemps. Haute protection préférable, si bien appliquée.
Le melanin offre un FPS équivalent à 4 (x4 temps avant brûlure), plus épaississement épidermique et anti-inflammatoires, jusqu'à FPS 10, note De Gruijl.
« Ne bronzez pas exprès, surtout peaux sensibles », prévient Brochez. « Exposez-vous via activités quotidiennes pour vitamine D, évitez bains de soleil », renchérit De Gruijl.
Principal source de vitamine D (os, muscles). 15-30 min sur tête/avant-bras suffisent en été pour peaux claires ; plus pour foncées ou tôt/tard. Maillot accélère.
« Agréable mais inutile ; production plafonne vite », dit De Gruijl.
UVB cause mélanome (« cancer du col blanc » : bureau en semaine, bronzage week-end). Coups de soleil aggravent.
Carcinome basocellulaire lié aux brûlures, épidermoïde à exposition chronique (travailleurs extérieurs).
Exposition régulière/modérée recommandée (Fonds Reine Wilhelmine).
Carence possible (<50 nmol/L). Conseils néerlandais : 10 µg/jour pour enfants <4 ans, femmes >50 ans, seniors, peaux foncées ou peu exposés.
Alimentation (œufs, poissons gras) + sorties suffisent souvent. Pas de preuves pour autres bénéfices ; prudence sur surdosage, dit Brochez.
Oui, mais toute brûlure l'augmente pareil (méta-analyse >50 études). Évitez-les toujours.
Experts : Frank de Gruijl (LUMC Leyde), Han van der Rhee (auteur ZonWijzer), Lieve Brochez (UZ Gent).
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