En tant que parent, méfiez-vous des conseils non sollicités. Ionica Smeets, mathématicienne, professeure de communication scientifique à l'université de Leiden et mère de deux enfants, démêle faits et fables avec expertise.
Les femmes enceintes reçoivent une avalanche de recommandations, souvent d'inconnus. « C'était stupéfiant : amis, collègues et même passants vous dictent quoi faire ou éviter », raconte Ionica Smeets. Ces expériences l'ont renforcée et inspirée pour une chronique dans le magazine néerlandais Kek mama (ex-Children), compilée dans le livre Les enfants doux ne mangent pas de sucre.
FABLE
De nombreuses études ont comparé des groupes d'enfants avec ou sans sucre supplémentaire : aucune différence n'a été observée. L'une des plus révélatrices : des enfants ont joué avec leurs parents après un repas ; la moitié des parents croyait à un apport sucré, l'autre non. En réalité, aucun sucre : pourtant, les parents « informés » percevaient leurs enfants plus agités.
Ce mythe pourrait remonter à la Seconde Guerre mondiale, époque de pénurie où les autorités américaines minimisaient les envies de sucre. Souvent, le sucre accompagne des occasions festives où les enfants sont naturellement excités, poivrons ou pas.
FABLE
Les enfants qui regardent beaucoup la TV ont plus de risques de surpoids, mais pas forcément à cause des écrans. Est-ce pire que de lire vautré sur le canapé ? Difficile à prouver.
La TV peut même avoir un effet positif si les programmes sont adaptés et discutés en famille. Historiquement, livres, BD ou échecs ont été diabolisés ; aujourd'hui, ce sont les écrans.
FAIT
Étudier cela est complexe : idéalement, suivre des milliers de parents appliquant strictement des méthodes variées (pleurs libres, réconfort immédiat ou programmé). Mais les biais et l'inconstance compliquent les résultats.
Une explication évolutive élégante : en période de disette, les pleurs nocturnes prolongeaient l'allaitement, espaçant les naissances et boostant la survie. Réconfortant pour les nuits agitées !
FABLE
Ce préjugé vient du psychologue G. Stanley Hall (fin XIXe), qui cherry-pickait des cas pour étayer sa thèse. Les études modernes montrent aucune différence significative.
FAIT
Les études indiquent que les enfants ni n'augmentent ni ne diminuent le bonheur parental. Ionica Smeets tempère : « Personne autour de moi ne le vit ainsi. Mesurer le bonheur est subjectif ; attention aux comparaisons biaisées, comme inclure des mères célibataires adolescentes qui tirent la moyenne vers le bas. »
Cette recherche souligne nos lacunes. Évitez l'évident : alcool, tabac en grossesse, violence, négligence. Pour le reste, les écarts sont minimes. L'allaitement est légèrement préférable, mais pas au prix du stress maternel. Une éducation "parfaite" stressante nuit plus qu'elle ne sert.