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Tests génétiques prénataux obligatoires : l'avis des Flamands et des experts

Un Flamand sur trois souhaite un test génétique obligatoire pour vérifier si un embryon présente une maladie génétique, en cas d'indications suite à une échographie. C'est ce qui ressort d'une enquête menée auprès de 1 000 Flamands.

6,7 % des répondants préféreraient que les tests génétiques soient obligatoires pour tous. Ces chiffres proviennent d'une enquête réalisée par vzw De Maakbare Mens via l'agence de recherche iVox. Eos a pu consulter cette enquête et a interrogé des experts à ce sujet.

Heidi Mertes, bioéthicienne à l'Université de Gand et présidente de De Maakbare Mens, est choquée par ces résultats. « Est-ce que ces personnes pensent qu'il faut éviter à tout prix de donner naissance à des enfants atteints d'une maladie génétique ? », s'interroge-t-elle. Selon elle, imposer un test génétique est contre l'intégrité physique des femmes et contre l'autonomie reproductive.

Le philosophe Ignaas Devisch (UGent) partage cette préoccupation. « Nous devons veiller à ce que les couples ne subissent pas de pression pour avorter », déclare-t-il dans Eos. Il ajoute qu'il ne faut pas espérer éliminer tous les risques un jour : « Bientôt, les parents devront répondre d'un enfant avec un défaut mineur. »

Les tests infaillibles n'existent pas

Qu'on les rende obligatoires ou non, ces tests génétiques ne sont pas infaillibles. « Il n'existe pas de test qui garantisse que tout est en ordre », explique Gert Matthijs, généticien moléculaire au Centre de génétique humaine (KU Leuven), dans Eos. « Certaines affections sont difficiles ou complètement indétectables. »

L'enquête révèle aussi que 70,1 % des Flamands autoriseraient le gouvernement à collecter des données ADN pour traquer criminels et terroristes. Une base de données ADN populationnelle permettrait de relier directement les traces à une personne.

84,6 % s'opposent au bricolage génétique d'un embryon pour sélectionner des traits. Le généticien Geert Mortier (UZ Anvers) juge cela difficile à réaliser pour l'instant, tout en restant ouvert : « Il y a vingt ans, lire tout le génome semblait impensable. Qui sait ce que l'avenir réserve ? »

Plus de déclarations et explications dans le numéro de novembre d'Eos, disponible en kiosque et sur Tijdschriftenwinkel.be.


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