Des scientifiques ont observé comment des milliers de segments d'ADN modèlent le développement facial des fœtus de souris.

Des milliers d'interrupteurs génétiques influencent la forme du visage chez la souris.
De légères variations dans la morphologie faciale ont un impact significatif sur l'apparence et l'attractivité. Les chercheurs progressent dans la compréhension du rôle des gènes dans la formation du visage. Si des mutations génétiques sont connues pour causer des malformations comme la fente labiale, les subtils changements déterminant la forme faciale restaient jusqu'alors inexplorés.
Des chercheurs américains rapportent dans la revue Science les résultats d'une étude sur des souris, identifiant plus de 4 000 « amplificateurs » (enhancers) dans le génome murin. Ces segments d'ADN agissent comme des interrupteurs, activant ou réprimant l'expression des gènes. Grâce à un modèle 3D d'embryons de souris, ils ont cartographié l'expression génique par région faciale.
Pour tester leur rôle, les scientifiques ont généré des souris transgéniques dépourvues de trois de ces interrupteurs impliqués dans le développement facial. À huit semaines, des scans crâniens ont révélé des modifications subtiles par rapport à des souris témoins : crânes plus longs ou plus courts, visages élargis ou rétrécis.
« Ces résultats montrent que ces interrupteurs régulent le développement crânien et influencent sa morphologie », explique Axel Visel, du Lawrence Berkeley National Laboratory en Californie. Ces mécanismes observés chez la souris pourraient s'appliquer à l'humain, éclairant ainsi les bases génétiques de la formation faciale. (rvb)