Dix pour cent des jeunes Flamands avouent s'être volontairement blessés au moins une fois avant l'âge de 15 ans. Seuls 3 % des parents en sont conscients. Comment repérer l'automutilation et y réagir efficacement en tant que parent ?

Une étude de la KU Leuven révèle que 10 % des jeunes Flamands âgés de 12 à 14 ans s'automutilent au moins une fois. Seulement 3 % des parents le savent. La psychologue clinicienne Imke Baetens (KU Leuven) a interrogé 500 jeunes et 936 parents dans le cadre de sa thèse de doctorat. Eos a posé six questions à sa promotrice, la psychologue clinicienne et professeure Laurence Claes, sur ce phénomène préoccupant.
Qu'est-ce que l'automutilation ?
L'automutilation désigne tout comportement causant une blessure directe au corps sans intention suicidaire, comme se griffer, se frapper, se cogner la tête ou rouvrir des plaies. Elle diffère de l'automutilation grave (ex. : autocastration), rare et liée à des psychoses sévères. L'automutilation non suicidaire est courante dans la population générale.
Combien de jeunes Flamands s'automutilent-ils et les parents en sont-ils conscients ?
Les chiffres exacts manquent car ces actes sont secrets et souvent confondus avec des tentatives de suicide. Internationalement, 18 % des adolescents en expérimentent occasionnellement. Chez les troubles alimentaires graves, cela monte à 25-40 % ; chez les troubles borderline, à 60-70 %. Peu de parents (3 %) le détectent.
Les filles plus que les garçons ?
Non, peu de différences entre sexes. Les filles se coupent plus (comportement intériorisé), les garçons se frappent ou se cognent (extériorisé).
Pourquoi les jeunes s'automutilent-ils ?
Multiples causes : mal-être, image corporelle négative, harcèlement, traumatismes. Fonctions : intrapersonnelles (réguler émotions, se punir, contrôler) ou interpersonnelles (identité de groupe, exclusion).
Comment un parent peut-il repérer l'automutilation ?
C'est un signal non verbal de détresse. Signes : humeur négative soudaine, repli sur soi, port de manches longues ou bracelets pour cacher les cicatrices.
Comment réagir en tant que parent ?
Discutez ouvertement : demandez pourquoi c'est dur d'arrêter. Valorisez les aspects positifs, évitez accusations ou minimisation des émotions. Ne blâmez pas votre style parental ; accompagnez sans invalider (ex. : ne pas dire "Ne sois pas stupide"). Seul l'ado peut arrêter, mais votre soutien compte.
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Difficile à comprendre, l'automutilation est courante. La douleur physique soulage parfois la détresse psychologique comme un analgésique.
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