Les cinq détenus évadés de la prison de Turnhout ont exploité un « angle mort » du réseau de caméras de surveillance. L'ingénieur Boris Bogaerts (UAntwerp) a développé un logiciel innovant permettant de concevoir un réseau de caméras étanche en réalité virtuelle (VR).
Boris Bogaerts a créé ce logiciel VR dans le cadre de sa thèse, soutenue avec succès le vendredi 20 décembre. La défense a été particulièrement originale : elle s'est déroulée entièrement en réalité virtuelle. Tous les participants, équipés de casques VR, ont suivi la présentation dans un environnement immersif. « Pour autant que nous sachions, il s'agit de la première soutenance de thèse au monde en VR », déclare le directeur de thèse Rudi Penne (UAntwerp).

La réalité virtuelle joue un rôle central dans les recherches de Bogaerts. « J'ai démontré que l'intuition humaine, combinée à la VR, est au moins aussi efficace qu'une automatisation algorithmique complète dans certaines applications », explique-t-il. Un exemple concret traité dans sa thèse : la conception d'un réseau de caméras optimal pour sécuriser le travail des dockers lors du chargement et déchargement des marchandises.
« Bogaerts a développé un logiciel qui permet de concevoir un réseau de caméras complexe. Grâce à des lunettes VR, l'utilisateur est plongé dans n'importe quel environnement virtuel. Il visualise cet espace sous tous les angles de caméra possibles, identifiant ainsi les emplacements idéaux pour les caméras et repérant les zones invisibles. »
Les travaux de Bogaerts ont pris une actualité brûlante la semaine dernière avec l'évasion de cinq détenus de la prison de Turnhout. « Les médias ont rapporté que les prisonniers ont profité d'un angle mort sans surveillance. Grâce à mon logiciel doctoral, cet angle mort aurait pu être évité », souligne Bogaerts.