Un œil artificiel biomimétique traite la lumière deux fois plus rapidement que l'œil humain.
Nos yeux naturels offrent un large champ de vision, une haute résolution et une grande sensibilité à la lumière, grâce à la forme en dôme de la rétine – la zone à l'arrière du globe oculaire couverte de cellules photosensibles (environ dix millions par cm²). Les ingénieurs tentent depuis longtemps d'imiter cette structure pour doter les robots et les personnes aveugles d'une vision nette. Ce défi réside en partie dans cette géométrie spécifique en dôme.
Des chercheurs chinois présentent dans la revue Nature un concept d'œil synthétique innovant. Pour la rétine artificielle, ils ont utilisé une membrane incurvée en oxyde d'aluminium dotée de nanocapteurs en pérovskite, un matériau conducteur et photosensible également employé dans les cellules solaires. Ces nanofils de pérovskite reproduisent les fines cellules photoréceptrices de l'œil.
Les scientifiques ont intégré cette rétine dans un œil complet en ajoutant une lentille incurvée à l'avant et en remplissant l'ensemble d'un liquide ionique – un sel liquide permettant le déplacement de particules chargées, inspiré de l'anatomie oculaire humaine. La lumière traverse ainsi la lentille et le liquide pour atteindre les nanofils photosensibles, générant une image transmise à un processeur externe.
Cet œil artificiel analyse les motifs lumineux en seulement 19 millisecondes, soit deux fois plus vite que l'œil humain. Les applications en robotique sont évidentes, bien que son intégration avec un cerveau humain reste pour l'instant hors de portée pour les prothèses des aveugles.