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Rayonnement 5G cartographié : Mesures scientifiques par les experts Imec de l'Université de Gand

La 5G augmentera-t-elle notre exposition aux rayonnements électromagnétiques ? Un groupe de recherche Imec de l'Université de Gand a récemment cartographié le rayonnement des premiers réseaux 5G.

Le déploiement des réseaux mobiles 5G suscite des débats intenses sur leur impact potentiel sur la santé publique. Les théories complotistes pullulent sur les réseaux sociaux, tandis que des actes de vandalisme ont visé des antennes aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et à Pelt en Belgique. Pourtant, les experts internationaux, dont l'OMS, affirment que les réseaux 5G respecteront les normes de rayonnement basées sur des effets scientifiquement prouvés.

En pleine crise du Covid-19, notre dépendance aux réseaux mobiles (4G, Wi-Fi) est apparue évidente, nous permettant téléconsultations et contacts familiaux malgré le confinement.

Selon la GSMA, plus de 3,5 milliards de personnes – plus de la moitié de la population mondiale – bénéficient d'un abonnement internet mobile.

Malgré 20 ans de réseaux mobiles (2G à 4G) sans incidents majeurs, la 5G inquiète particulièrement pour son rayonnement électromagnétique. Nous avons interrogé le Pr Wout Joseph, du groupe WAVES (Imec, Université de Gand), expert reconnu internationalement en réseaux sans fil et mesures de rayonnement. Il explique les différences avec les générations précédentes et s'appuie sur des mesures récentes auprès des premiers réseaux 5G, en lien avec les normes de l'OMS.

Une famille, des technologies distinctes

Les réseaux 3G, 4G et 5G sont des réseaux "cellulaires" utilisant des stations de base pour couvrir des cellules limitées formant le réseau global.

"Les 4G et 5G partagent des bases similaires, mais diffèrent en pratique", précise Wout Joseph. "Les 4G emploient de grandes antennes couvrant de vastes zones. La 5G utilise des cellules plus petites, multiples antennes avec sous-éléments (beamforming) et massive MIMO pour des faisceaux ciblés."

La 4G LTE atteint théoriquement 1 Gb/s avec un délai de 10 ms. La 5G vise 10 Gb/s et moins de 1 ms : un film de 2h en 3 secondes contre 6 minutes en 4G ou 26h en 3G. "Ces vitesses maximales ne sont pas encore réalistes", tempère le Pr Joseph. "Les premiers déploiements massive MIMO (Allemagne) sont plus rapides que la 4G, mais la technologie évolue."

"La 5G offre surtout des connexions plus stables et fluides, transformant de nombreux usages", ajoute-t-il.

Rayonnement 5G cartographié : Mesures scientifiques par les experts Imec de l Université de Gand

Tests en conditions extrêmes

Wout Joseph et son équipe ont testé la massive MIMO 5G dans des scénarios difficiles, comme une usine aux réflexions multiples et obstacles.

"Contrairement aux anciennes générations, beamforming et MIMO créent des hotspots individuels, assurant une bonne connexion malgré réflexions, obstacles et interférences", explique-t-il.

Conséquence : Mesures de rayonnement plus complexes

Les faisceaux ciblés améliorent la qualité mais compliquent les calculs d'exposition, distinguant utilisateurs et non-utilisateurs.

"Avec 4G, l'exposition dépend de la distance. Avec 5G, un non-utilisateur à côté d'un utilisateur actif peut être peu exposé grâce à la focalisation", note Wout Joseph. Son équipe a développé des modèles innovants faute de réseaux commerciaux.

Normes variées, mais étalon scientifique unique

Imec a évalué les premiers réseaux massive MIMO 5G (Düsseldorf, Lille) vs normes locales/internationales.

"L'étalon est l'ICNIRP/OMS, protégeant contre le réchauffement cérébral (41 V/m à 900 MHz, 61 V/m à 3,5 GHz, marge x50)", dit-il. "Scénario par scénario : utilisateurs 5G exposés localement plus, mais non-utilisateurs moins. La 5G optimise les réseaux, réduisant l'exposition globale."

'L'introduction des réseaux 5G est l'occasion de repenser nos réseaux télécoms et de réduire le rayonnement de certaines antennes'Wout Joseph, expert en champs électromagnétiques des stations de base mobiles

Tests à 60-70 m :

  • Appel téléphonique : 0,3 V/m (moy.) à 5,5 V/m (pire)
  • Chat vidéo : 0,3 V/m (moy.) à 5,4 V/m (pire)
  • Charge max théorique : 3,7 à 5,3 V/m (pire)

"Recherches supplémentaires en Australie et Suisse pour données précises. Les antennes ne sont pas la source principale : les smartphones le sont, par proximité."

Normes varient : OMS (Pays-Bas), 3 V/m/antenne (Flandre), 6 V/m (Bruxelles). "La Flandre prépare une norme adaptée à la 5G (MIMO, fréquences élevées), alignée sur standards scientifiques."


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