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Éuthanasie des animaux excédentaires dans les zoos : une réalité européenne courante

En Europe, il arrive fréquemment que des animaux de zoo en parfaite santé, comme la girafe Marius du zoo de Copenhague, soient euthanasiés faute de place. Ce phénomène touche aussi les Pays-Bas.

Éuthanasie des animaux excédentaires dans les zoos : une réalité européenne courante

La gestion des animaux excédentaires par euthanasie est une pratique récurrente dans les zoos européens, y compris aux Pays-Bas.

Le zoo Artis d'Amsterdam applique une politique de contrôle des populations visant à limiter les "animaux excédentaires". L'euthanasie n'est utilisée qu'en dernier recours. Les zoos flamands et néerlandais affirment tous aimer leurs animaux et tout faire pour les préserver. Cependant, ils admettent que, sans alternative viable, l'euthanasie reste une option ultime.

Pourquoi euthanasier un animal en bonne santé ? L'histoire de Marius illustre parfaitement le processus. Né il y a un an et demi, ce mâle girafe réticulée n'avait que peu de valeur génétique : les zoos européens en regorgent déjà, rendant la reproduction superflue. Ses gènes risquaient d'entraîner une consanguinité, et il menaçait de défier son père pour s'accoupler avec sa mère, comme dans la nature.

Le zoo de Copenhague n'a trouvé aucun autre établissement compatible avec les directives strictes de l'EAZA (Association européenne des zoos et aquariums). La vente était exclue, les contraceptifs posaient des risques pour les organes reproducteurs, et Marius occupait un espace vital pour des animaux plus précieux génétiquement. La réintroduction en milieu naturel n'est pas pratiquée sans sélection rigoureuse. L'euthanasie s'est donc imposée : tuée par balle (pour éviter la contamination des chairs), la girafe a été disséquée publiquement à des fins éducatives, une partie servant à la recherche et le reste à nourrir les prédateurs.

La nouvelle a provoqué un tollé : pétitions, offres d'accueil tardives d'autres zoos. Pourtant, le zoo de Copenhague tue annuellement 20 à 30 animaux "surplus" (chèvres, antilopes, sangliers, léopards, chimpanzés) pour maintenir une population saine. Cette pratique y est courante depuis des années.

Une réalité occasionnelle aux Pays-Bas

En 1999, AD Magazine révélait déjà les fins discrètes des excédents dans les zoos néerlandais : espèces démodées, jeunes animaux disparus après l'été. Aujourd'hui, les zoos communiquent ouvertement. Blijdorp à Rotterdam en parle sur son site : quand les mâles n'ont nulle part où aller et que la contraception est déconseillée, l'euthanasie est rare mais possible, la viande servant parfois aux prédateurs.

GaiaZOO à Kerkrade comprend Copenhague et a euthanasié un cerf il y a six mois pour manque d'espace. Burgers' Zoo à Arnhem a fait de même avec un gnou l'an dernier. "Cela varie : zéro à 3-4 cas par an", explique Wineke Schoo, biologiste. Les zoos n'élèvent que ce qu'ils peuvent placer, mais les situations évoluent. Un code éthique privilégie l'euthanasie à un placement inadapté. L'injection est la norme, sans mise à mort publique comme au Danemark.

Et en Belgique ?

Les zoos d'Olmense Zoo et Bellewaerde (Ypres) n'ont pas recours à l'euthanasie d'excédents, plaçant toujours leurs animaux. Aquatopia à Anvers confirme, aidé par la facilité de placement des poissons.

Aux États-Unis, la stérilisation prévaut, contrairement à l'Europe plus pragmatique. La Scandinavie pratique cela ouvertement depuis longtemps, note Wineke Schoo.

En Flandre, cela reste discret. Chris Dusauchoit y voit une pratique sous-médiatisée ; Sander Hofman (Zoo d'Anvers) la préfère à un mauvais logement. Les zoos suivent les EEP (European Endangered Species Programs) : le gardien du studbook décide continent-wide. L'EAZA a validé le cas de Marius.

"La décision de Copenhague manquait peut-être d'alternatives explorées", estime Robby Van der Velden (Olmense Zoo).

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