La capture et le stockage souterrain du dioxyde de carbone (CO₂) présentent des limites majeures dues au risque de fuite. Et si le CO₂ pouvait être converti en roche volcanique solide ?

Capter le CO₂ pour le stocker sous terre pose un risque élevé de fuite. Transformer ce gaz à effet de serre en roche basaltique offre une alternative révolutionnaire.
Le captage et le stockage du carbone (CSC) a longtemps été considéré comme une solution clé pour atténuer l'impact des émissions de gaz à effet de serre. L'idée consistait à injecter du CO₂ extrait des cheminées industrielles dans des réservoirs épuisés de gaz ou de pétrole. Cependant, en tant que gaz (ou rapidement gazeux depuis l'état liquide), le CO₂ risque de s'échapper, ce qui a freiné son développement.
Et si le CO₂ injecté pouvait se minéraliser en roche ? Traditionnellement, ce processus géologique prend des centaines à milliers d'années. Pourtant, des scientifiques britanniques, en collaboration internationale, ont démontré qu'il est possible en moins de deux ans. Leur expérience s'est déroulée en Islande, dans des formations basaltiques profondes – une roche volcanique riche en calcium, magnésium et fer, essentiels à la minéralisation.
Le CO₂ a été dissous dans l'eau avant injection, réagissant ainsi avec le basalte environnant. Des puits de contrôle ont permis d'analyser les eaux souterraines : après deux ans, 95 à 98 % du CO₂ dissous s'était transformé en carbonates solides, une forme pétrifiée et stable du gaz.
Le basalte abonde dans la croûte terrestre, ouvrant des perspectives prometteuses pour un stockage permanent du CO₂. Reste le défi de la capture : extraire le CO₂ des fumées industrielles reste énergivore, limitant les gains nets en émissions.

Juerg Matter au puits d'injection du site pilote CarbFix lors de la première injection de CO₂ en mars 2011. [Crédit : Sigurdur Gislason]

Site pilote CarbFix lors de l'injection de CO₂ en mars 2011. [Crédit : Martin Stute]

Membres de l'équipe CarbFix analysant une carotte de roche forée en octobre 2014. [Crédit : Juerg Matter]
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