Les manchots papous de la péninsule Antarctique ont frôlé l'extinction à plusieurs reprises.

Les cendres toxiques ont rendu l'environnement inadapté pendant longtemps pour élever les petits.

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Au bout de la péninsule Antarctique, qui s'étend vers l'Amérique du Sud comme un doigt pointé, se trouve l'île Ardley. Ce petit paradis de la biodiversité abrite de nombreuses espèces d'oiseaux marins et de manchots, dont une importante colonie de manchots papous, reconnaissables à leur bande blanche sur la tête et leur cri rauque. Aujourd'hui, elle compte environ 10 000 individus.
Des biologistes britanniques ont analysé des échantillons de guano fossilisé (excréments de manchots séchés) prélevés à différentes profondeurs. Contre toute attente, la taille de la colonie n'est pas restée stable au cours des 7 000 dernières années, malgré un climat local inchangé. Elle a même frôlé l'extinction à trois reprises.
La cause ? Des éruptions du volcan de l'île voisine de la Déception, dans les îles Shetland du Sud. Les couches de guano correspondent aux dépôts de cendres volcaniques. Chaque éruption a décimé la colonie en peu de temps.
Les cendres toxiques sont mortelles pour les poussins et rendent l'environnement impropre à la reproduction pendant des siècles. Il a fallu entre 400 et 800 ans pour que la colonie se reconstitue après chaque catastrophe.
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