FRFAM.COM >> Science >> Environnement

Après le renard urbain, le loup des villes ? Naya la louve enceinte en Flandre

La louve Naya est lourdement enceinte. Quel avenir réserve-t-on à sa progéniture dans une Flandre densément peuplée ? « Ne sous-estimez pas ce dont le loup est capable », avertit-on.

Des images et observations antérieures avaient éveillé les soupçons, mais des photos récentes le confirment sans équivoque : Naya est enceinte. Nature et Forêt et le RIOB s'en félicitent. Son ventre proéminent suggère qu'elle choisira bientôt un abri pour mettre au monde trois ou quatre louveteaux. Son partenaire August assurera la nourriture durant cette période.

« Les loups des villes ne sont pas encore là, et peut-être ne les tolérerons-nous pas, mais ne dites jamais jamais. Ne sous-estimez pas ce dont le loup est capable. »

« On dit qu'une espèce s'est établie quelque part si elle se reproduit », explique Koen Van Den Berge, biologiste de la faune à l'INBO, spécialiste des carnivores. « Quelle est la probabilité ? Soyons honnêtes, nous l'ignorons. Cette situation est inédite : le loup revient dans un environnement très différent de celui où il a été exterminé il y a plus de cent ans. »

Selon Van Den Berge, il est tout à fait possible que le loup s'établisse durablement ici. « Là où les loups vivent depuis un certain temps, ils deviennent moins craintifs. Ils n'hésitent pas à chercher de la nourriture la nuit entre les habitations, à condition de pouvoir se reposer en paix. »

Après le renard urbain, le loup des villes ? Naya la louve enceinte en Flandre

Cette dernière condition est cruciale pour la reproduction, et pas évidente en Flandre. « Naya a choisi la région la plus adaptée du Limbourg », note Van Den Berge. « Les vastes domaines militaires inaccessibles sont idéaux : zones dépeuplées où les souches d'arbres abattus offrent d'excellents sites de tanière. »

Guantanamo

L'incertitude de l'avenir s'explique aussi par l'intelligence des loups et leur grande capacité d'adaptation. « Voyez comment le renard a conquis la ville après son retour. Les loups urbains ne sont pas encore là, et peut-être ne les tolérerons-nous pas, mais ne dites jamais jamais. »

« Si cela ne tenait qu'au loup, il préférerait le chevreuil ou le sanglier au mouton. »

La ministre flamande de la Nature, Joke Schauvliege, a annoncé l'élaboration d'un plan loup pour favoriser la cohabitation. Les éleveurs perdant des moutons peuvent déjà se faire rembourser par le gouvernement. Van Den Berge insiste : il ne faut pas grand-chose pour que loup et homme coexistent. « Un chien de berger bien dressé protège les troupeaux. Pour les petits éleveurs, une clôture électrifiée suffit. Pas besoin de transformer un pré en Guantanamo ! Mais soyons réalistes : tant qu'il y a des moutons non protégés en zone lupine, des attaques surviendront. »

Le loup préfère le chevreuil. « S'il sort de sa tanière, il croisera plus souvent un cerf qu'un mouton », précise Van Den Berge. « Dans certaines zones du Limbourg, la régulation des sangliers est un enjeu : le loup pourrait être un allié précieux. »

Mieux vaut considérer le loup comme un résident permanent, estime Van Den Berge. « Même si Naya repart, d'autres loups non colliers franchiront la frontière. Cette histoire est loin d'être terminée. »


[]