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PFAS omniprésents : l'EPA dévoile sa stratégie nationale pour contrer ces polluants éternels

Les États-Unis font face à un problème majeur avec les PFAS, ces substances per- et polyfluoroalkyles, connues sous le nom de « produits chimiques éternels ». Présents dans la pluie, les emballages alimentaires, les cosmétiques waterproof et même l'eau potable, ils s'infiltrent dans notre environnement et notre organisme à des niveaux alarmants.

Non seulement ces composés s'accumulent durablement, mais ils sont liés à des risques sanitaires graves selon l'EPA : faible natalité, cancers et aggravation des formes de COVID-19. Malgré leur toxicité, ils étaient jusqu'ici peu réglementés.

Pour y remédier, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a annoncé une stratégie nationale globale. Elle repose sur trois axes : intensifier la recherche, mobiliser les autorités pour prévenir les rejets et accélérer les opérations de dépollution. L'administrateur Michael S. Regan insiste sur la responsabilité des pollueurs.

« Cette feuille de route engage l'EPA à fixer rapidement des limites exécutoires pour l'eau potable et à équiper les communautés pour protéger santé et environnement », déclare le gouverneur de Caroline du Nord, Roy Cooper. L'accord bipartisan sur les infrastructures financera ces efforts.

La stratégie prévoit des normes strictes pour l'eau potable, oblige les fabricants comme DuPont à déclarer la toxicité de leurs produits, et classe les PFAS comme substances dangereuses sous la loi Superfund, imposant aux pollueurs le financement des nettoyages.

Parallèlement, la FDA étend ses tests sur l'alimentation pour évaluer l'exposition via les aliments, tandis que l'USDA renforce ses actions contre la contamination alimentaire, en coordination avec l'EPA.

Ce plan suit l'identification par l'EPA de plus de 120 000 sites contaminés aux États-Unis. Selon The Guardian, aucune région n'échappe à ces polluants.

Pat Parenteau, professeur de droit environnemental à la Vermont Law School, accueille favorablement cette initiative après des années d'inaction sous Obama et Trump. Il appelle à une interdiction rapide via la loi TSCA, priorisant les usages non essentiels comme les cosmétiques ou emballages alimentaires, et à accélérer les tests internes de l'EPA.

Il plaide aussi pour la désignation Superfund des PFAS, ciblant les bases militaires et les mousses anti-incendie du DOD. « Nous avons besoin d'une réponse à la vitesse de l'éclair ».

Michael R. Blumenthal, avocat environnemental chez McGlinchey Stafford, regrette l'absence de restrictions immédiates. Il anticipe des réglementations étatiques plus sévères et des litiges contre l'EPA et entreprises. Rappelant une annonce similaire de 2019 sans suites concrètes, il compare les PFAS à l'amiante : « Beaucoup de promesses, rien de neuf ».

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