Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), un groupe de plus de 9 000 produits chimiques synthétiques aux noms complexes, sont toxiques et présents partout dans notre environnement.
Des études ont détecté ces composés dans le corps de 97 % des Américains, y compris dans le lait maternel. L'exposition aux PFAS est associée à des risques pour la santé : perturbations immunitaires, troubles du développement, infertilité, lésions hépatiques et divers cancers.
La principale voie d'exposition est l'eau potable, mais d'autres sources existent. Heureusement, des mesures simples permettent de réduire significativement votre contact avec ces substances.
Inventés dans les années 1940, les PFAS sont utilisés dans les poêles antiadhésives, tissus antitaches, vêtements imperméables, emballages alimentaires hydrofuges, cosmétiques waterproof, tapis, meubles et contenants à emporter.
Omniprésents et persistants – ils ne se dégradent pas en moins de 1 000 ans –, ils s'accumulent dans la chaîne alimentaire via le sol, l'air et l'eau. Surnommés « produits chimiques éternels », ils contaminent particulièrement les zones proches des sites de production, d'utilisation ou d'élimination, comme certaines bases militaires américaines.
Face à ces risques, les gouvernements agissent : en 2020, l'EPA américaine a classé 172 PFAS comme toxiques. La FDA pousse à l'élimination volontaire dans les emballages alimentaires d'ici 2024. Des États comme New York, Californie et Vermont interdisent les PFAS dans ces emballages dès fin 2022.
L'exposition dépend de votre lieu de vie, surtout via l'eau et les aliments. Si vous êtes raccordé à un réseau public, contactez votre fournisseur d'eau pour des infos sur les PFAS et les sources locales de contamination, comme le recommande l'EPA.
Cependant, la recherche sur les PFAS reste peu médiatisée. Rebecca Fuoco, du Green Science Policy Institute, note que seulement 7,8 % des études PFAS-Tox ont fait l'objet d'un communiqué de presse. Les citoyens se heurtent souvent à un jargon scientifique inaccessible.
Les PFAS des vêtements ne pénètrent pas directement la peau, mais polluent l'environnement lors des lavages.
Évitez les étiquettes mentionnant Gore-Tex ou Téflon. Consultez des listes en ligne de produits sans PFAS pour vêtements, équipements outdoor, meubles et cosmétiques.
« Les équipements de plein air sont ma principale source d'exposition », témoigne Susan Smith, hydrogéologue chez Dudek. « Je remplace mon matériel de randonnée par des alternatives sans PFAS. »
Ces revêtements contiennent souvent des PFAS comme le PFOA (remplacé par le GenX, tout aussi toxique). En 2020, l'Ecology Center a trouvé du PTFE (autre PFAS) dans 20 % des plats et 79 % des poêles « sans PFOA » testés.
Optez pour de la céramique, l'acier ou la fonte pour cuisiner sans risque.
Mascaras waterproof, fonds de teint longue tenue et rouges à lèvres liquides contiennent souvent des PFAS. Une étude de 2021 sur 231 produits en a détecté dans plus de la moitié.
« Les ingrédients sont listés, mais leurs noms complexes masquent les PFAS », explique Julie Schneider de ChemTrust. Cherchez « fluoro » dans la liste : le F de PFAS désigne le fluor.
Consultez Skin Deep de l'Environmental Working Group pour des bases de données et alternatives saines. Notez que « sans PFAS » n'exclut pas toujours des substituts problématiques ; la science évolue.
Les emballages hydrofuges (pizza, sacs papier, contenants) utilisent des PFAS. Testez : déposez une goutte d'huile d'olive. Si elle perle sans s'absorber, suspectez des PFAS (polarité opposée).
« Si ça s'étale, ce n'est pas du PFAS », précise Schneider. Idéal pour tester à la maison et éviter à l'avenir.
L'EPA exige des tests, mais des traces de PFAS persistent sous les limites légales, comme des résidus autorisés dans les aliments.
Les filtres à osmose inverse (sous évier) sont très efficaces. Choisissez des modèles certifiés NSF/ANSI pour PFAS. Suivez les conseils EPA et entretenez-les scrupuleusement.
Réduire les PFAS demande effort, mais chaque geste protège votre santé et celle de votre famille à long terme.
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